Malgré de nombreuses consultations et une réunion des ambassadeurs des États membres auprès de l’UE, dimanche 8 mai, aucun accord n’a pour l’instant été trouvé sur le sixième paquet de sanctions à l’encontre de la Russie. La question de l’embargo sur le pétrole bloque toujours.
Selon une source européenne, si des « progrès très importants » ont été réalisés sur la plus grande partie des mesures, les États membres doivent encore finaliser les garanties nécessaires pour l’approvisionnement pétrolier des États membres qui sont liés uniquement à un oléoduc russe.
« Des contacts à tous les niveaux se poursuivent en début de semaine dans l’objectif d’aboutir le plus rapidement possible à un accord complet sur ce 6e paquet », a précisé une source le 8 mai, ajoutant que le Conseil était uni sur la nécessité d’adopter un 6e paquet de sanctions.
Lundi 9 mai, la Commission et le Service européen pour l’action extérieure continuaient de travailler sur les questions techniques posées ces derniers jours. Une source a précisé qu’une nouvelle réunion des ambassadeurs des États membres ne serait organisée que s’il y avait des avancées alors qu'une autre a rappelé qu’une réunion régulière des ambassadeurs était prévue mercredi 11 et que le sujet des sanctions devrait y être abordé.
Lundi après-midi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue à Budapest pour discuter avec le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, des questions liées à la sécurité européenne de l'approvisionnement énergétique. Plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères hongrois avait une nouvelle fois publiquement exprimé l’opposition de son pays à un embargo sur le pétrole. « La Hongrie ne votera pas en faveur de l'initiative de la Commission européenne sur les sanctions contre la Russie, car elle pose un problème à la Hongrie et ne contient pas de proposition de solution. La proposition est comme une bombe atomique pour l'économie hongroise et détruirait notre approvisionnement énergétique stable », avait souligné Péter Szijjártó.
Le Premier ministre ukrainien, Denys Shmyhal, a apporté son soutien à ce sixième paquet de sanctions tout en appelant l’UE à aller plus loin et à prendre des mesures sur le commerce du gaz.
Le G7 plaide pour des mesures sur le pétrole russe
Dimanche 8 mai, les dirigeants des pays du G7 se sont engagés à adopter des mesures sur le pétrole russe.
Dans une déclaration commune, ils se sont engagés collectivement à prendre de nouvelles mesures, dont l’élimination progressive de la dépendance vis-à-vis de l’énergie russe, « notamment en réduisant progressivement ou en interdisant l’importation de pétrole russe ». « Nous veillerons à procéder en temps opportun et de manière ordonnée, en laissant le temps au monde de trouver d’autres sources d’énergie », précisent les dirigeants.
Les dirigeants comptent aussi prendre des mesures à l’encontre des banques russes « connectées à l’économie mondiale et qui revêtent une importance capitale d’un point de vue systémique pour le système financier russe » et des mesures pour interdire ou empêcher la « fourniture de services clés » dont dépend la Russie, sans préciser quels seront les secteurs.
De plus, les dirigeants entendent poursuivre leurs efforts pour combattre les tentatives du régime russe visant à diffuser sa propagande. « Les entreprises privées respectables ne devraient pas fournir de revenus au régime russe ni à ses affiliés qui alimentent la machine de guerre russe », prévient le G7.
Enfin, les pays du G7 annoncent qu’ils poursuivront et intensifieront leur campagne à l’encontre des élites financières et des membres de leur famille qui soutiennent le président Poutine dans l’effort de guerre et qui « dilapident les ressources du peuple russe ».
Les dirigeants du G7 estiment que « les actions du président russe jettent le déshonneur sur la Russie ».
Le G7 va également renforcer son soutien à l’Ukraine. « Nous continuerons d’apporter notre soutien militaire et défensif aux forces armées ukrainiennes, d’aider l’Ukraine à protéger ses réseaux des incidents de cybersécurité et nous renforcerons notre coopération, notamment en matière de sécurité de l’information. Nous continuerons à soutenir l’Ukraine dans le renforcement de sa sécurité économique et énergétique », détaille la déclaration.
Les pays du G7 s’engagent aussi « dans les prochaines semaines » à renforcer leur appui financier collectif sur le court terme pour aider Kiev à combler ses déficits de financement et à fournir les services de base à sa population « tout en mettant au point des options, en collaboration avec les autorités ukrainiennes et les institutions financières internationales, en vue d’appuyer le relèvement et la reconstruction du pays sur le long terme ».
Le G7 précise également qu’il redoublera d’efforts pour l’Ukraine à poursuivre sa production en vue de la prochaine saison des moissons et ses exportations, notamment par l’emprunt de routes de commerce alternatives.
Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/1k2
Charles Michel à Odessa
De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est rendu à Odessa, en Ukraine, lundi 9 mai, pour célébrer la journée de l’Europe. Il a notamment visité le port d’Odessa où des tonnes de céréales sont bloquées en raison du blocus russe en mer Noire.
Il s’est entretenu avec M. Shmyhal et en vidéoconférence avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur la manière dont l'UE peut continuer à aider l'Ukraine à relever les défis humanitaires, économiques et militaires auxquels elle est actuellement confrontée, y compris par le biais du fonds de solidarité ukrainien qui financera la reconstruction future de l'Ukraine, selon une source européenne.
« Notre soutien va être maximisé, que ce soit en termes d’équipements militaires – vous en avez besoin et nous allons vous en fournir autant que nous le pouvons - et de soutien financier », a souligné M. Michel, rappelant aussi que l’Ukraine avait déposé sa demande d’adhésion à l’UE. L’Ukraine a d’ailleurs remis, le 9 mai, la seconde partie de son questionnaire, document nécessaire pour que la Commission européenne puisse préparer son avis sur la candidature de l’Ukraine à une adhésion à l’UE. (Camille-Cerise Gessant)