Les délégations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné leurs premières impressions, vendredi 6 mai lors d'une réunion, sur l'accord quadrilatéral trouvé en mars entre l'Afrique du Sud, les États-Unis, l'Inde et l'UE. Celui-ci prévoit de lever les brevets sur les vaccins anti-Covid-19 pour la production dans « des pays en développement qui ont exporté moins de 10% des doses mondiales de vaccins en 2021 ».
La Chine, concernée en premier lieu par ces critères (elle est un pays en développement, mais a exporté plus de 30% des doses mondiales), a trouvé que cette qualification envoyait un mauvais signal. Pour le pays, cela punit ceux qui ont fourni un grand volume de doses au monde entier quand ils subissaient eux-mêmes des pénuries, d'après une source genevoise. Pékin a suggéré d'intégrer plutôt la formulation suivante : « Dans le cadre de cette décision, tous les pays membres en développement sont éligibles. Les pays en développement qui ont des capacités d'exportation de vaccins sont encouragés à ne pas participer à cette décision ».
Les délégations ont globalement indiqué qu'elles avaient besoin de plus de temps pour évaluer le texte, mais certaines ont déjà pointé des éléments qui leur paraissent problématiques. Quelques pays qui soutiennent la levée des brevets ont notamment noté que le texte n'incluait pas les médicaments, les outils de diagnostic et le transfert de technologie, qui sont, pour eux, tout aussi nécessaires que les vaccins.
Les négociations devraient s'intensifier en vue d'arriver à un consensus sur le texte, potentiellement avant la 12e conférence ministérielle du 12 au 15 juin. (Léa Marchal)