« L’accueil chaleureux réservé aux réfugiés ukrainiens contraste fortement avec les multiples violations commises ces dernières années dans nombre d’États membres du Conseil de l’Europe contre des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants originaires d’autres parties du monde, qui ont notamment fait l’objet de mesures de refoulement », dénonce la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe dans une recommandation publiée jeudi 7 avril.
Face à ce phénomène devenu un « problème paneuropéen systématique », Dunja Mijatović pointe particulièrement la Croatie, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, la Grèce, Chypre, la Turquie, la Bulgarie ainsi que la France et l'Espagne, qui renvoient vers les pays voisins les migrants qui tentent d’entrer sur leur territoire.
De plus en plus fréquents et visibles, ces refoulements risquent de se perpétuer « dans l’indifférence générale », car « toute l’attention est focalisée sur les conséquences de la guerre en Ukraine », alerte la Commissaire, qui dénonce aussi la violence « grave et systématique » mise en œuvre dans certains États membres tentés parfois d’adopter des lois légalisant ces mesures de refoulement.
Les droits humains nous protègent tous de la même manière, rappelle Mme Mijatović.
Elle appelle donc les États membres à mettre fin à ces refoulements et à respecter leurs obligations légales qui imposent tant une procédure individualisée que le droit à un recours effectif.
Des règles de conduite et des procédures standardisées claires et obligatoires doivent être mises en place par les autorités en charge du contrôle aux frontières, recommande la Commissaire, qui réclame pour les réfugiés « un traitement conforme aux droits humains ». (Véronique Leblanc)