Alors que les discussions entre les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) sur le cinquième paquet de sanctions à l’encontre de la Russie se poursuivaient à l’heure de mettre sous presse (EUROPE 12927/1), les dirigeants et les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont annoncé, jeudi 7 avril, de nouvelles mesures restrictives, condamnant dans les termes les plus forts les « atrocités » commises par les forces armées russes à Boutcha et dans d'autres villes ukrainiennes.
Dans deux déclarations distinctes, les dirigeants du G7 et les ministres ont prévenu que les responsables des actes haineux et des atrocités, y compris les attaques visant les civils, devront être traduits en justice.
Alors que les ministres soulignent « la nécessité d'accroître encore la pression économique exercée sur la Russie et le régime de Loukachenka en Biélorussie », les dirigeants annoncent sept nouvelles actions.
Ainsi, le G7 va interdire tout nouvel investissement dans les secteurs clés de l'économie russe, y compris le secteur de l'énergie. De plus, le G7 compte étendre encore les interdictions d'exportations de biens de pointe et de services spécifiques importants pour la sécurité, l'État et l'économie russes.
« Nous augmenterons également les restrictions à l'importation sur une série d'exportations russes génératrices de revenus », préviennent les dirigeants sans donner plus de détails. Le G7 va aussi continuer à déconnecter les banques russes du système financier mondial.
Les dirigeants du G7 annoncent aussi qu'ils vont imposer des sanctions supplémentaires aux « entités publiques qui sont les principaux moteurs de l'économie russe ». Ainsi, « le régime du président Poutine ne pourra plus compter sur ces institutions pour stabiliser son économie et poursuivre ses objectifs », ajoutent-ils. Les dirigeants promettent qu’ils vont intensifier leur action contre les élites et leur famille qui soutiennent le président russe. Ils imposeront aussi des sanctions supplémentaires contre le secteur de la défense de la Russie pour saper et éroder les capacités de l'armée russe à faire la guerre.
Les dirigeants du G7 vont en outre accélérer leurs plans visant à réduire la dépendance énergétique à l’égard de la Russie.
Ils annoncent aussi qu'ils vont intensifier la mise en œuvre des mesures existantes et travailler avec leurs partenaires pour empêcher le « contournement des sanctions ».
Ils vont aussi continuer à travailler avec leurs partenaires pour faire face activement aux conséquences, notamment énergétiques et alimentaires, de l'action de la Russie sur les pays tiers et sur l'Ukraine.
Les dirigeants du G7 promettent enfin qu’ils continueront d'apporter un soutien politique, financier, matériel et humanitaire à l’Ukraine tant pour leurs besoins immédiats que pour la reconstruction à plus long terme du pays.
Les ministres, eux, se disent prêts à apporter une aide supplémentaire, « notamment sous forme d'équipements militaires » et de moyens financiers, pour permettre à l'Ukraine de se défendre et de se reconstruire.
Voir la déclaration des dirigeants du G7 : https://aeur.eu/f/16l
Voir celle des ministres : https://aeur.eu/f/16m
La Russie suspendue du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
Par ailleurs, jeudi, l’assemblée générale des Nations Unies a décidé, par 93 voix pour, 24 contre et 58 abstentions, de suspendre la Russie de son siège au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
La Chine, mais aussi la République centrafricaine, le Mali, Cuba, la Syrie, la Corée du Nord, l’Algérie et l’Iran figurent parmi les pays s'étant opposés à cette sanction. L’Inde, la Tunisie, le Brésil, le Qatar ou encore l’Arabie Saoudite se sont abstenus. (Camille-Cerise Gessant)