Plusieurs ministres de l’Agriculture des États membres de l’UE ont soutenu, jeudi 7 avril, la mise en place d’une stratégie de vaccination des volailles contre l’influenza aviaire.
Mais plusieurs pays (Danemark, Espagne, Bulgarie, Luxembourg, Lituanie, Belgique, Pays-Bas, Hongrie…) ont attiré l’attention sur les effets potentiellement négatifs d’une telle stratégie sur le commerce de volailles, le risque étant que des pays tiers interdisent les importations de volailles de l'UE depuis les pays ou régions où la vaccination a eu lieu.
Cette campagne de vaccination viendrait compléter les mesures de biosécurité actuelle, et non les remplacer, a souligné le ministre français, Julien Denormandie, qui préside les travaux du Conseil 'Agriculture'. Il a ajouté que la vaccination permettrait de réduire le nombre de volailles en bonne santé qui doivent être abattues pour limiter la propagation des cas de grippe aviaire.
« Il ne faut pas sous-estimer les effets collatéraux d’une telle vaccination », qui n’est pas encore au point, a dit le ministre espagnol, Luis Planas. Il faut étudier les effets sur le commerce international, selon son homologue danois. Il existe encore des problèmes techniques et scientifiques, a rappelé le Luxembourg.
« Dès que les vaccins seront disponibles, nous soutiendrons les États membres de l'UE dans le cadre du déploiement des stratégies de vaccination », a répondu le commissaire à l'Agriculture, Janusz Wojciechowski, au nom de la Commission européenne.
« Nous allons encourager les pays non européens à accepter la vaccination en tant qu’outil complémentaire pour limiter la propagation du virus, et ce, dans le respect des règles de l'Organisation mondiale de la santé animale », a-t-il assuré. La Commission a rappelé le nombre élevé de cas d'influenza aviaire en Europe.
Le Conseil 'Agriculture' reviendra sur ce dossier en juin. (Lionel Changeur)