Après la signature par le président russe, Vladimir Poutine, jeudi 31 mars, d’un décret imposant aux pays « inamicaux » de payer les livraisons de gaz russe en roubles via des comptes ouverts en Russie, le Kremlin a fait savoir que la Russie ne coupera pas pour autant les livraisons de gaz à l’Europe dès le 1er avril.
« Cela signifie-t-il que, s’il n’y a pas de confirmation en roubles, les livraisons de gaz seront coupées à partir du 1er avril ? Non, ce n’est pas le cas et cela ne découle pas du décret », a ainsi déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse Reuters.
Il a ajouté que les paiements ne seraient affectés qu’à partir de la seconde moitié du mois d’avril et que le géant gazier Gazprom travaillerait avec ses clients pour mettre en œuvre les nouvelles règles.
De son côté, la ministre française de la Transition écologique, Barbara Pompili, a estimé que la demande russe de payer en roubles ne devrait, « a priori », pas conduire à des ruptures des livraisons.
« Les informations que nous avons reçues de Moscou ces derniers jours et ces dernières heures tendent à nous laisser penser que les entreprises pourront continuer à payer en euros auprès des banques qui, elles-mêmes, devront convertir leurs euros en roubles, notamment Gazprombank », a ainsi indiqué la ministre devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale française.
Selon elle, la demande russe est avant tout une mesure de soutien au rouble, plutôt qu’une réelle mesure de rétorsion vis-à-vis des entreprises européennes.
Alors que plusieurs ministres des États membres ont exprimé leur refus de payer les livraisons en roubles (soulignant que cela constituerait une violation des contrats), la directrice générale du département Énergie de la Commission européenne, Ditte Juul Jørgensen, a affirmé travailler en étroite collaboration avec les États membres et les opérateurs « pour établir une approche commune sur les paiements en devises pour les contrats de gaz avec la Russie ».
Le gouvernement allemand, quant à lui, a indiqué qu’il analyse actuellement « les effets concrets » du décret russe. (Damien Genicot)