Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a déploré, vendredi 1er avril, la décision des autorités russes d'interdire à un certain nombre de responsables de l’UE d'entrer sur le territoire de la Fédération de Russie en représailles aux sanctions de l'UE liées à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
« Les sanctions de l'UE répondent à l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine. Elles visent à mettre un terme à ces actions illégales et destructrices », a souligné M. Borrell. Il a rappelé que, contrairement aux contre-sanctions russes, les mesures restrictives de l'UE sont publiées « de manière transparente et [sont] fondées sur des critères clairs, y compris les moyens juridiques de les contester ».
Le 31 mars, le gouvernement russe a annoncé qu’en réponse aux sanctions « unilatérales » de l’UE, la Russie « agissant sur la base de la réciprocité, qui est fondamentale pour le droit international », élargissait « considérablement la liste des représentants des États membres et des institutions de l'UE qui se verront refuser l'entrée dans la Fédération de Russie ».
Sans donner une liste détaillée des personnes concernées, le ministère des Affaires étrangères russes a expliqué que les restrictions s’appliquaient « aux hauts dirigeants de l'UE, à un certain nombre de commissaires européens et de chefs d'organes militaires de l'UE ainsi qu'à l'écrasante majorité des membres du Parlement européen qui ont avancé des politiques anti-russes ».
La liste noire russe réciproque comprend également des fonctionnaires de haut niveau, y compris des membres des gouvernements et des parlements de certains États membres de l'UE, des personnalités publiques et des médias « personnellement responsables de la promotion de sanctions anti-russes illégales, de l'exacerbation des sentiments russophobes et de la violation des droits et libertés des russophones ».
Selon le ministère, « Bruxelles impose arbitrairement des restrictions unilatérales à l'encontre de nombreux citoyens et entreprises russes ». « Leurs données personnelles sont ouvertement diffusées en violation de toutes les normes juridiques internationales en vigueur. Des 'critères' absurdes et illégaux sont élaborés à la hâte afin d'ajouter des noms à la liste », a-t-il dénoncé.
Et de prévenir que toute nouvelle action « inamicale » de l'UE et de ses États membres sera « inévitablement suivie d'une réponse énergique ».
Voir le communiqué russe : https://aeur.eu/f/132
Par ailleurs, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a condamné, vendredi 1er avril, la nouvelle campagne de conscription en Crimée et à Sébastopol, « afin d'enrôler les habitants de la péninsule dans les forces armées russes ».
« L'enrôlement de tous les hommes éligibles, y compris les Tatars de Crimée, en Crimée illégalement annexée, est particulièrement cynique, car ils sont contraints de s'engager directement dans la guerre que mène actuellement la Russie contre l'Ukraine », a-t-il dénoncé. (Camille-Cerise Gessant)