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Bulletin Quotidien Europe N° 12920
Invasion Russe de l'Ukraine / Migration

Les États membres s'engagent à mieux s'informer sur les déplacements dans l'UE des réfugiés fuyant l'Ukraine 

Les ministres de l’Intérieur des États membres de l'UE ont fait le point, lundi 28 mars à Bruxelles, sur leurs efforts de coordination pour prendre en charge les 3,8 millions de réfugiés ukrainiens arrivés sur le territoire de l’UE depuis l’invasion du pays par la Russie. Ils ont accepté un plan d’action en 10 points que la Commission concrétisera dans les prochains jours, qui aura notamment pour objectif de mettre au point une solution européenne pour mettre en commun l’enregistrement national des réfugiés.

Alors que le rythme d’arrivées a faibli ces derniers jours pour s’établir à 40 000 par jour contre 200 000 par jour au plus fort de la guerre, selon la commissaire européenne compétente, Ylva Johansson, les pays membres ne peuvent pas forcément accéder aux données de leurs voisins. Cette situation pourrait créer des doublons dans l’octroi de la protection temporaire immédiate et des droits qui y sont associés.

« La plateforme d’enregistrement sera active dès aujourd’hui », a confirmé la commissaire à l’issue de cette réunion, une solution ayant déjà été mise au point avec l’agence européenne des systèmes informatiques, Eu-LISA.

Les ministres ont aussi concentré leur attention sur l’assistance à la Moldavie, petit pays qui doit gérer aujourd’hui la prise en charge de plus de 100 000 personnes.

Mais aucun chiffre global n’a été donné lundi par le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, au nom de la Présidence du Conseil de l'UE. Plusieurs pays ont toutefois fait connaître leur offre.

L’Allemagne, les Pays-Bas et l’Irlande se sont ainsi engagés respectivement sur 2 000, 500 et 500 places. La Suisse a aussi annoncé accueillir 500 autres personnes quand l’Autriche avait déjà annoncé pouvoir prendre quelques milliers de personnes depuis la Moldavie.

Avant la réunion, 8 pays, dont la Norvège, s’étaient engagés sur une offre de 14 500 places au total.

Mais les ministres européens ne sont pas allés plus loin lundi. « Aucun plan de relocalisation des réfugiés » entre les Vingt-sept n’a été discuté, a confirmé Gérald Darmanin, la plupart des réfugiés voulant d’ailleurs rester au plus près de leur pays.

Si la ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, a bien plaidé à son arrivée pour une « distribution » équitable des réfugiés entre les États membres, le gouvernement polonais, tout comme les gouvernements roumain ou tchèque, n’a fait aucune demande en ce sens, à ce stade. Il maintient qu’il peut encore gérer la prise en charge des réfugiés, qui sont plus de 2,2 millions sur son sol.

Ce refus n’est pas étonnant, « compte tenu du passif de la Pologne en matière de relocalisation », commentait une source diplomatique, lundi matin.

Au plus fort de la crise des réfugiés syriens, les gouvernements polonais et hongrois avaient en effet refusé de contribuer aux demandes de relocalisation obligatoire de demandeurs d’asile depuis la Grèce et l’Italie.

Varsovie a toutefois fait savoir, lundi, que les États membres pouvaient, à titre bilatéral, lui offrir une aide et prendre ponctuellement des réfugiés actuellement sur son sol.

Mais la Pologne a besoin d’un autre type d’aide, financière en l’occurrence, et a plaidé en ce sens lundi, appuyée par le gouvernement allemand.

Dans un courrier commun adressé à la Commission, Varsovie et Berlin estiment que la prise en charge des réfugiés coûte déjà des « milliards d’euros et un soutien additionnel est nécessaire immédiatement », écrivent Nancy Faeser et Mariusz Kamiński. Pour la Pologne, le coût déjà engagé pour les 2,2 millions de personnes présentes sur le territoire avoisine ainsi les 2,2 milliards d’euros, selon ce courrier.

Et parmi les pistes soulevées par les deux ministres, il pourrait être judicieux d’accorder à chaque personne ayant reçu la protection temporaire immédiate une aide de 1 000 euros sur les six premiers mois d’application de la décision.

Interrogée à ce sujet, Ylva Johansson a répété que la Commission allait réfléchir à de nouvelles pistes financières alors que l’UE a déjà mobilisé à ce jour 17 milliards d’euros.

Agences européennes sur le terrain

Selon le dernier document de discussion soumis aux ministres par la Présidence française, 285 agents de l'agence européenne Frontex sont actuellement déployés aux frontières de l'UE avec l’Ukraine, la Moldavie et la Biélorussie, dont 214 en Roumanie, 28 en Pologne, 17 en Moldavie et 26 en Slovaquie.

L’Agence européenne pour l’asile prépare une intervention en Roumanie. Quant à Europol, qui intervient pour prévenir le trafic d’êtres humains, le trafic d’armes ou de véhicules, elle avait déployé au 22 mars 8 agents en Slovaquie, 2 en Pologne, 2 en Moldavie et 1 en Roumanie. (Solenn Paulic)

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