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Bulletin Quotidien Europe N° 12908
Invasion Russe de l'Ukraine / Énergie

Une centaine d’eurodéputés appellent à un embargo sur le gaz, le pétrole et le charbon russes

Un groupe de 97 eurodéputés issus de tous les groupes du Parlement européen (mais majoritairement des groupes PPE et CRE) ont publié, mardi 8 mars, une lettre ouverte demandant à l’Union européenne et ses États membres d’imposer immédiatement un embargo sur les importations de pétrole, de gaz et de charbon provenant de la Russie.

« Il est de notre devoir moral envers les courageux Ukrainiens de mettre en œuvre un embargo total sur les importations de pétrole, de gaz et de charbon russes dès maintenant ! », indique ainsi la lettre.

Pour les signataires, l’UE se trouve actuellement dans une « situation morale ambigüe », car elle fournit des armes à l’Ukraine tout en continuant de verser des centaines de millions par jour à la Russie pour ses importations de combustibles fossiles.

« En 2020, avec des prix du gaz et du pétrole beaucoup plus bas à l’époque, l’UE a payé 64 milliards d’euros à la Russie pour l’importation de ressources énergétiques (…) Cette somme couvre l’intégralité du budget militaire russe, qui s’élevait à 62 milliards d’euros en 2020 », note ainsi ce groupe d’eurodéputés. 

Les États membres divisés

Alors que les États-Unis, beaucoup moins dépendants des importations de combustibles fossiles russes que l’UE, ont annoncé, mardi 8 mars, un embargo sur le pétrole et le gaz russes, l’UE n’a pas encore tranché la question, en raison de divisions entre les États membres.

« Nous ne pouvons pas suivre l’exemple des États-Unis (…) La Hongrie serait touchée de manière disproportionnée, car 85% de tout le gaz consommé en Hongrie provient de Russie », a notamment souligné le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, mercredi 9 mars, en aval d’une réunion informelle du Conseil européen à Versailles (voir autre nouvelle).

Les pays les plus réticents à un embargo incluent également l’Allemagne et l’Italie, elles aussi très dépendantes du gaz russe.

« Je ne soutiendrais pas un embargo sur les importations de combustibles fossiles en provenance de Russie (…) Je m’y opposerais même, car nous menacerions ainsi la paix sociale dans la république », avait ainsi déclaré le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck, jeudi 3 mars, après une rencontre avec des responsables de l’industrie allemande. 

Réaction russe

De son côté, le vice-premier ministre de la Fédération de Russie, Alexander Novak, a regretté les appels à un embargo lancés par certaines personnalités politiques européennes, dans un communiqué publié le 7 mars.

« Les responsables européens tentent une fois de plus de rejeter sur la Russie les problèmes et les échecs de leur propre politique énergétique de ces dernières années », a-t-il notamment déclaré, tout en affirmant que la Russie « n’a rien à voir avec la flambée actuelle des prix et la volatilité du marché ».

Il a en outre averti que la Russie était prête à imposer un embargo sur le transit de gaz via Nord Stream 1.

Et d’ajouter : « Si vous voulez couper les approvisionnements en ressources énergétiques de la Russie, allez-y, nous sommes prêts pour ça ».

Voir la lettre des eurodéputés : https://aeur.eu/f/p1

Voir le communiqué de M. Novak : https://aeur.eu/f/p2  (Damien Genicot)

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