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Bulletin Quotidien Europe N° 12908
SOMMET DE VERSAILLES / Russie/ukraine

Les dirigeants européens veulent ramener Vladimir Poutine à la table des négociations

Les chefs d'État ou de gouvernement européens ont fait part, à leur arrivée à Versailles, de leur volonté de ramener le président russe à la table des négociations. Les discussions menées plus tôt dans la journée entre les ministres des Affaires étrangères russe et ukrainien n’ont permis aucune avancée.

« Nous devons identifier les étapes suivantes pour avoir un cessez-le-feu et de vraies négociations pour un accord de paix », a expliqué le président du Conseil européen, Charles Michel. Pour le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, les dirigeants doivent voir comment continuer à faire pression sur la Russie, par des actions diplomatiques, mais aussi par des sanctions, pour qu'elle arrête cette « guerre folle et qu'elle cesse de tuer des civils ».

La Première ministre suédoise, Magdalena Andersson, a estimé qu’il était important d’essayer de maintenir le dialogue diplomatique, tout en soulignant qu'« au bout du compte, tous ces problèmes peuvent être résolus, si Poutine décide enfin de mettre fin à la guerre ».

Le président français, Emmanuel Macron, qui s’entretient très régulièrement avec le président russe – il l’a de nouveau fait ce 10 mars avec le chancelier Olaf Scholz et le refera « dans 48 heures » - a expliqué qu’il fallait rester engagé dans un dialogue pour essayer d’obtenir une solution diplomatique. « À court terme, je ne vois pas de solution diplomatique dans les prochaines heures ou les prochains jours », a-t-il reconnu, ajoutant que les Européens pouvaient influencer la partie russe pour qu’elle fasse des compromis.

Adopter de nouvelles sanctions

Le Premier ministre letton, Krisjanis Karins, a appelé à « arrêter Poutine et sa machine de guerre ». Et pour cela, selon lui, il faut fournir du matériel militaire, des médicaments, de l’essence et de la nourriture aux Ukrainiens « qui se battent pour nous, pour la démocratie ».

Il est également nécessaire de faire plus sur le plan économique. « Nous devons faire beaucoup plus non seulement pour isoler l’économie de Poutine, mais pour paralyser l'économie aussi rapidement que possible. Donc, avec les sanctions, nous devrions aller beaucoup plus vite, beaucoup plus loin », a-t-il plaidé. M. Karins a estimé qu’il fallait exclure toutes les banques russes et biélorusses de Swift et arrêter les importations d'énergie en provenance de Russie « pour amener Poutine à la table des négociations et arrêter la guerre ». « Nous avons besoin des sanctions pour aider à arrêter la guerre », a-t-il ajouté, prévenant que les Européens devaient prendre leur part pour aider l’Ukraine et arrêter Poutine.

Dans son discours devant les dirigeants, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a plaidé pour la limitation de biens d’exportation russes, notamment de gaz, de pétrole et de charbon, et le réexamen de toutes les certifications accordées aux entreprises russes du secteur de l’énergie.

Le Premier ministre bulgare, Kiril Petkov, a estimé qu’un embargo sur le gaz et le pétrole russe était « un sujet très délicat ».

Sans mentionner l’énergie, et alors que l’Allemagne est fortement dépendante de l’énergie russe, M. Scholz a rappelé que les Européens avaient pris en compte de manière très précise ce qui a le plus d'impact dans la relation avec la Russie « pour convaincre le gouvernement russe de mettre fin à la guerre qu'il a déclenchée contre l'Ukraine », tout en s'assurant que l'impact sur l’UE soit le plus faible possible, ajoutant que c’était « la voie que nous devons suivre ». 

M. Macron, de son côté, a mis en garde sur le fait que la Russie pourrait utiliser son gaz pour faire pression sur l’UE. « Le Président Poutine a dit tout à l’heure que la Russie allait continuer à fournir. En fonction de quoi ? Jusqu’à quand ? Nul ne sait », a-t-il expliqué.

Division sur l’adhésion

Les dirigeants devraient également se pencher sur les demandes d’adhésion à l’UE déposées par l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie.

« Nous voulons une Ukraine libre et démocratique, avec qui partager une destinée commune », a souligné la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ajoutant que les dirigeants discuteraient de l’« Ukraine partie de la famille européenne ».

Si, en amont du sommet du PPE, Krisjanis Karins avait demandé à ce qu’il y ait une claire porte ouverte à l’adhésion de l’UE, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a rappelé que la procédure de 'fast track' demandée par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, « n’existe pas ». Il a expliqué qu’il fallait faire plus pour aider l’Ukraine immédiatement, que ce soit en termes militaires ou de sanctions contre la Russie et que le processus d’adhésion était quelque chose sur le long terme. « Concentrons-nous sur le court terme et l’approfondissement de la coopération », a-t-il plaidé, alors que les Européens pourraient proposer un partenariat encore plus étroit à l’Ukraine.

« Il faut envoyer un signal fort en cette période à l’Ukraine, mais il faut être vigilant. Peut-on ouvrir procédure d’adhésion avec un pays en guerre ? Je ne le crois pas. Est-ce qu’on doit fermer la porte et dire jamais ? Ce serait injuste », a souligné M. Macron. Selon lui, il faut envoyer un signal, mais aussi réfléchir, dans le cadre de la refonte européenne qui se prépare, à la manière dont l’Europe se repense géographiquement. (Camille-Cerise Gessant avec Mathieu Bion et Pascal Hansens)

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