« Il y a des points de convergence très forts sur l'outil anti-coercition », a estimé le ministre français du Commerce, Franck Riester, lundi 14 février à Marseille, lors d'une réunion informelle avec ses homologues européens. À cette occasion, les ministres ont rappelé leur soutien en faveur de l'instrument en cours de discussion au Parlement européen et au Conseil de l'UE (EUROPE 12849/1).
Certains ont toutefois exprimé leurs inquiétudes sur cette proposition législative. « La Suède a pas mal de points d'interrogation sur cet instrument », a indiqué la ministre suédoise du Commerce, Anna Hallberg. Et d'ajouter : « Un tel instrument peut peser sur la politique commerciale. Donc, nous avons pas mal de questions ».
Pour la nouvelle ministre néerlandaise, Liesje Schreinemacher, qui était jusqu'à récemment membre de la commission du commerce international du Parlement européen, il faudra également porter une attention particulière au rôle des États membres dans la mise en pratique de cet outil. « Nous avons des questions quant au degré d'implication des États membres quand il s'agira de prendre des contre-mesures, car cela peut avoir des conséquences importantes pour les pays à titre individuel. L'outil devrait être avant tout dissuasif », a-t-elle indiqué à EUROPE.
La Commission européenne et le Conseil de l'UE souhaitent en tout cas aller vite dans les travaux. Le futur instrument pourrait notamment répondre à des situations de coercition, comme c'est le cas actuellement avec la Chine envers la Lituanie.
Chine
Très brièvement, les ministres ont échangé à ce propos et écouté le vice-ministre lituanien faire état de la situation. La Commission a en effet enclenché une procédure de règlement des différends à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) (EUROPE 12878/4) après que la Chine s'est mise à bloquer l'importation de produits lituaniens ou européens avec des composants lituaniens.
Pour l'ensemble des États membres, la priorité est au dialogue avec la Chine. Celle-ci dispose de 60 jours pour s'engager dans des consultations et essayer de trouver une solution au différend, avant que l'UE ne réclame l'ouverture d'un tribunal d'arbitrage à l'OMC.
« Tout dépend de Pékin. Nous espérons qu'il y aura une solution amicale. C'est dans notre intérêt à tous d'aller vers l'apaisement et la réduction des tensions », a affirmé le vice-ministre du Commerce lituanien, Arnoldas Pranckevičius. (Léa Marchal)