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Bulletin Quotidien Europe N° 12890
ACTION EXTÉRIEURE / Ukraine

La communauté internationale se prépare à une offensive russe

La communauté est en état d’alerte depuis vendredi 11 février et les annonces américaines d’une possible invasion de l’Ukraine par la Russie « à tout moment ». Depuis, les échanges diplomatiques se sont intensifiés et la communauté internationale rappelle ses lignes rouges.

Le gouvernement ukrainien, pour sa part, appelle à garder son calme et, lundi 14 février, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a estimé qu’il y avait « toujours une chance » de « résoudre les problèmes qui doivent être résolus », ajoutant que les occasions de dialogue n’étaient pas « épuisées ».

Le même jour, les ministres du G7 (Allemagne, Italie, France, Royaume-Uni, Japon, Canada et États-Unis) ont prévenu qu’ils étaient prêts à « agir rapidement et de manière décisive » pour soutenir l'économie ukrainienne, tout en appuyant les efforts en cours pour identifier d'urgence une voie diplomatique vers la désescalade, qui est la « priorité immédiate ».

Rappelant que, depuis 2014, le soutien économique bilatéral et multilatéral combiné a dépassé 48 milliards de dollars, les ministres ont ajouté qu’ils continueraient à se coordonner étroitement pour faire en sorte que l'Ukraine reçoive le soutien économique et financier nécessaire.

« Toute nouvelle agression militaire de la Russie contre l'Ukraine fera l'objet d'une réponse rapide, coordonnée et énergique », ont réitéré les ministres, se disant prêts à imposer collectivement des sanctions économiques et financières qui auront des conséquences massives et immédiates sur l'économie russe.

Voir le communiqué : https://aeur.eu/f/bu

La coordination s'intensifie

De son côté, le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est entretenu lundi avec les Premiers ministres grec, finlandais, polonais, néerlandais, slovène et slovaque sur la situation sécuritaire en Ukraine et aux alentours et sur le renforcement militaire. La veille, déjà, il s’était concerté avec les Premiers ministres estonien, letton, bulgare, tchèque, suédois et le président lituanien. 

En fonction de la situation, une réunion des dirigeants européens pourrait être organisée en marge du sommet UE/Union africaine qui se tient jeudi et vendredi à Bruxelles. 

Les Européens multiplient aussi les contacts avec les Américains, mais aussi avec les présidents ukrainien et russe. M. Michel s’est entretenu avec Volodymyr Zelensky, et le président français, Emmanuel Macron, avec Vladimir Poutine. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, était ce lundi à Kiev et sera ce mardi à Moscou. 

Lundi, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, a rencontré le nouvel ambassadeur américain auprès de l'UE, Mark Gitenstein. Le même jour, la vice-secrétaire d'État américaine, Wendy Sherman, s'est entretenue avec le chef de cabinet de Mme von der Leyen, Björn Seibert, après un premier entretien le 11 février. M. Seibert avait aussi discuté avec le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan. Mme Sherman avait également été en contact avec le secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure, Stefano Sannino.

Vendredi en fin d'après-midi, les dirigeants américain, canadien, français, allemand, italien, polonais, roumain et britannique, les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen et le secrétaire général de l’OTAN s'étaient entretenus à la suite des annonces américaines. Ils sont convenus de l'importance d'efforts coordonnés pour dissuader la Russie de poursuivre son agression contre l'Ukraine. Les dirigeants ont également exprimé leur désir d'une solution diplomatique à la crise et s'étaient dits prêts à imposer à la Russie des conséquences massives et des coûts économiques importants si elle choisissait l'escalade militaire.

Selon un communiqué de la Commission européenne, sa présidente, Ursula von der Leyen, a décrit l'état d'avancement des sanctions sectorielles et individuelles en cas de nouvelle agression militaire, réaffirmant que toutes les options sont sur la table et que les sanctions concerneraient les secteurs financier et énergétique ainsi que les exportations de produits de haute technologie.

Appels à quitter le pays

Face au risque d’attaque, plusieurs pays européens – la Grèce, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, l'Irlande ou les Pays-Bas - ont appelé leurs citoyens à quitter le pays ou à ne plus s’y rendre. Samedi, le Haut Représentant de l’UE a annoncé que les missions diplomatiques de l’UE et des États membres ne fermaient pas, qu’elles restaient à Kiev et continuaient à opérer pour soutenir les citoyens de l'UE et en coopération avec les autorités ukrainiennes. « La présence du personnel et les conseils aux voyageurs destinés aux citoyens de l'UE sont adaptés, si nécessaire, pour tenir compte des conditions de sécurité », a-t-il ajouté. Le personnel non essentiel de la délégation européenne a été invité à quitter le pays, mais le chef de la délégation, Matti Maasikas, est bien à Kiev. (Camille-Cerise Gessant)

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