login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12838
Sommaire Publication complète Par article 12 / 22
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / BiÉlorussie

Unis contre le régime Loukachenko, les eurodéputés sont divisés sur la nature première de la crise à la frontière polonaise

Tous les eurodéputés, excepté ceux de l'extrême droite, jugent crucial qu'une aide vitale soit apportée aux 2 000 migrants toujours coincés à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, mais sont toujours divisés sur la nature première de la crise. Pour la droite, il s'agit d'une crise migratoire et d'une attaque hybride contre l'UE ; pour la gauche, c'est avant tout une crise humanitaire.

Cette division était flagrante, mardi 23 novembre, dans le débat sur les conclusions du Conseil européen d'octobre et celui de nouveau dédié à la crise biélorusse (EUROPE 12830/15).

L'unité s'est faite sur l'opportunité de nouvelles sanctions contre le régime Loukachenko pour son instrumentalisation des migrants à des fins politiques et sur la proposition de cadre juridique, présentée par la Commission européenne pour permettre à l'UE de prendre des sanctions contre les opérateurs des compagnies de transports complices de traite d'êtres humains (voir autre nouvelle).

Le président du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber, s'est dit « ravi que l'UE comprenne que ce n'est pas une crise migratoire, mais une guerre hybride » et a exprimé son « soutien aux gardes-frontières qui défendent l'Europe » dans cette guerre.

Au nom du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez a rétorqué : « notre réponse au dictateur n'est pas incompatible avec le respect du droit à l'asile ». Elle a aussi plaidé pour que la Pologne donne accès aux ONG et aux journalistes et a appelé à « une Europe qui abat les murs, non qui érige des murs ».

« 5 000 personnes qui ont fui la guerre ne sont pas une menace pour la sécurité. La menace, ce sont les politiciens qui ne respectent ni la démocratie ni le droit international. Et si Loukachenko peut les instrumentaliser, c'est à cause de l'échec de la politique migratoire, une honte pour l'UE », a lancé Martin Schirdewan, coprésident de La Gauche. 

Pour Ska Keller, coprésidente du groupe des Verts/ALE (allemande), « tant que nous verrons des êtres humains comme une menace, nous accorderons un levier à Loukachenko ».

Sur les 700 000 euros d'aide humanitaire annoncés par l'UE, 200 000 sont déjà mobilisés pour la Croix-Rouge. En outre, l'UNHCR et l'OIM ont enfin accès à un camp du côté biélorusse, a souligné le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás.

Ryszard Antoni Legutko (CRE, polonais), qui a dit s'exprimer au nom du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, s'est lancé dans une attaque en règle contre « la Russie de Poutine, qui a restauré son pouvoir impérial ». Il a évoqué « une guerre pour l'avenir de l'UE, un conflit d'information, un cyberconflit » appelant, selon lui, des sanctions et le renforcement de la coopération transatlantique. 

Nicolas Bay (ID, français) a refusé de voir dans les migrants piégés des victimes. « Loukachenko les aide, mais ce sont eux qui veulent venir », a-t-il déclaré, dénonçant une « mise en scène pour émouvoir ». Selon lui, « expulser les migrants, c'est protéger les migrants instrumentalisés ». (Aminata Niang)

Sommaire

REPÈRES
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19
INSTITUTIONNEL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
BRÈVES