Les ministres des Affaires européennes de l’UE se sont penchés, mardi 23 novembre, sur la situation de la Covid-19 dans les États membres, dans un contexte de recrudescence de la pandémie, et ont plaidé pour des mesures supplémentaires afin de la contenir.
« Nous devons lutter contre l’hésitation vaccinale et il est important de prévoir la dose de rappel », a résumé le secrétaire d’État slovène, Gazper Dovzan, ajoutant que les États membres doivent aussi lutter contre la désinformation sur les vaccins et leur efficacité. « Il a été largement reconnu que la troisième dose » peut être bénéfique, a ajouté le Slovène, évoquant de nombreuses références à Israël lors de ce débat.
« Onze États membres » sont à la traîne sur la vaccination et « nous sommes prêts à les aider, à leur donner des vaccins », a-t-il aussi commenté.
Les ministres ont aussi évoqué « les mesures nécessaires pour protéger le marché intérieur » et la libre circulation et ont soutenu le projet de la Commission de réviser sa recommandation sur les voyages non essentiels à l’intérieur de l’UE.
Le commissaire européen à la Justice chargé de ces questions, Didier Reynders, a confirmé que la Commission travaillait sur ce sujet, notamment à une solution « technique pour prendre en compte la troisième dose de vaccin dans les certificats numériques Covid de l’UE ».
Il a aussi annoncé une révision de la recommandation sur les voyages non essentiels vers l’UE (liste des pays tiers), régulièrement mise à jour par les Vingt-sept. Cette révision prendra aussi en compte les nombreuses décisions d’équivalence rendues pour les certificats délivrés par les pays tiers.
Mais le commissaire n’a pas pu confirmer de date pour ces présentations, la Commission maintenant toujours l’objectif d’une présentation cette semaine.
Les ministres ont été nombreux, mardi, à plaider pour une coordination en termes de durée des certificats de vaccination (le règlement ne prévoit que 12 mois), mais aussi en termes de doses de rappel, que certains pays commencent à imposer à toute ou une partie de leur population, a rapporté une source.
À son arrivée à Bruxelles, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, avait indiqué qu'il était « essentiel que les Vingt-sept États membres de l'UE conviennent d'une norme commune », alors que son pays accueille normalement quelque 200 000 travailleurs par jour en provenance des pays voisins.
« Nous ne pouvons pas avoir des systèmes différents au Luxembourg et en Grèce, ou en Allemagne ou en France. Cela irait à l'encontre des intérêts des citoyens européens », a-t-il affirmé.
Le sujet sera à l’ordre du jour des dirigeants européens les 16 et 17 décembre.
Débat en plénière
Les eurodéputés, eux aussi, avaient débattu de la situation sanitaire dans l’UE le 22 novembre, à Strasbourg, en présence de la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides.
Plusieurs élus ont appelé à veiller à ce que les États membres coordonnent les certificats Covid quand d’autres ont jugé qu'ils devaient être abolis, car créant une discrimination pour les non-vaccinés. (Solenn Paulic)