Le potentiel des gisements de minerai sur le territoire européen reste sous-exploité, selon le troisième tableau de bord des matières premières qu'a publié la Commission européenne, mercredi 17 novembre, dans le cadre du Partenariat européen d’innovation sur les matières premières (PEI). L’exploitation du bois reste une source de préoccupation.
« Le potentiel minéral de l'UE reste sous-exploité, malgré quelques nouveaux développements miniers », peut-on ainsi lire dans ce rapport de 150 pages. L’exploration visant à découvrir de nouveaux gisements sur le territoire de l’UE est pourtant « essentielle » pour assurer l'approvisionnement de l'Union.
Les auteurs du rapport se félicitent toutefois que certains projets d’exploration identifiés dans le tableau de bord de 2018 ont progressé, certains ayant même démarré (quatre mines de lithium ont été ouvertes, notamment). Cependant, les auteurs regrettent que le budget dédié aux activités d’exploration reste « faible » par rapport aux autres régions du monde.
Un point particulier est consacré aux ressources renouvelables et notamment au bois. La récolte de bois dans les forêts européennes reste dans « les limites de ce qui est considéré comme durable », peut-on lire, le rapport faisant état d’une accumulation des stocks sur pied qui ralentit. Surtout, l'extraction de bois a augmenté régulièrement à un rythme plus élevé que l'extraction d'autres matériaux.
Sur la scène internationale, l'UE reste le troisième plus grand producteur de minéraux industriels et de bois rond industriel, tandis que sa part reste faible pour le fer et les ferro-alliages, les métaux non ferreux et les métaux précieux. La part de l'UE dans l'extraction minière a diminué, principalement en raison de la production minière en hausse dans les pays tiers.
L'UE est presque autosuffisante pour les minéraux non métalliques, mais reste dépendante des importations de minerais métalliques. Cette dépendance varie fortement et est tributaire de la concentration de certaines matières premières dans des pays tiers spécifiques, ainsi que des politiques de restriction de ces mêmes matières premières (à l’instar du magnésium – EUROPE 12818/26).
Les données de cette étude alimenteront la mise en œuvre du plan d'action de 2020 pour les matières premières critiques et la mise en œuvre de l’Alliance européenne sur les matières premières (EUROPE 12570/3), indique la Commission européenne.
Pour lire le rapport dans son intégralité : https://bit.ly/30wtUVw (Pascal Hansens)