Plus d'un quart (27%) des 705 eurodéputés déclarent percevoir au total entre 3,9 et 11,5 millions d'euros pour des activités exercées hors mandat ('moonlighting'), selon une analyse qu'a publiée Transparency International mercredi 13 octobre.
Et près de 40 d'entre eux gagnent potentiellement plus de 100 000 euros par an par ce biais. Ce chiffre peut être plus élevé, car les députés remplissent eux-mêmes leurs déclarations qui ne font pas l'objet de vérifications par l'institution de l'UE.
Tous les groupes politiques sont concernés. En termes de montants des revenus perçus, les groupes PPE, Renew Europe et S&D arrivent en tête, selon T&I. Le tiercé gagnant est occupé par : - Radosław Sikorski (PPE, polonais), qui perçoit des revenus en tant que conseil du Groupe Eurasia et du Sir Bani Yas Forum ; - Sandro Gozi (Renew Europe, italien), essentiellement pour des activités d'enseignement et de consultant pour la Banque centrale de Saint Marin ; - Asger Christensen (Renew Europe, danois), qui collabore avec l'organisation Farmer 2000.
En revanche, c'est au sein du groupe Identité et Démocratie que les élus européens sont les plus nombreux à percevoir des revenus hors mandat.
Transparency International reconnaît que cette situation n'est pas illégale en soi, mais l'organisation pose la question de possibles conflits d'intérêts. Miapetra Kumpula-Natri (S&D, finlandaise) est membre du conseil d'administration de deux entreprises énergétiques tout en siégeant à la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, constate-t-elle.
Et d'appeler à la création d'un comité d'éthique européen doté des compétences et des ressources adéquates pour garantir la moralité de la vie publique européenne (EUROPE 12792/9).
Voir l'analyse de T&I : https://bit.ly/3v5JkLL (Mathieu Bion)