Pour les ministres du Commerce des pays du G20, il faut maintenant convertir les mots en actes concernant la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils se sont engagés à travailler dans ce sens en vue de la 12e conférence ministérielle de l'OMC (du 30 novembre au 3 décembre) dans la déclaration qui a suivi leur rencontre à Sorrento, en Italie, mardi 12 octobre. Cela passe par le renforcement de l'OMC en tant qu'émettrice de règles et la remise sur pied du système de règlement des différends.
La 12e conférence ministérielle de l'OMC doit être le théâtre d'accords sur les subventions à la pêche, l'agriculture, le commerce et la santé. Les membres de l'OMC ne sont cependant pas encore proches de ces accords.
Commerce et santé
Dans leur déclaration du 12 octobre, les ministres du G20 ont pris position contre les barrières au commerce induites par des mesures exceptionnelles pour lutter contre la Covid-19. Selon eux, ces mesures doivent être « ciblées, proportionnées, transparentes et temporaires » et, surtout, compatibles avec les règles de l'OMC. Ils ont également recommandé une réponse globale et coordonnée à la crise de la Covid-19.
Services et investissements
Alors que le commerce des services se remet plus difficilement que celui des biens en 2021 (EUROPE 12804/10), les ministres ont rappelé l'urgence de soutenir ce secteur. Il est primordial d'avoir des cadres réglementaires « prévisibles, transparents et solides », selon eux.
Ils soulignent que le commerce électronique peut contribuer à la hausse du volume des services et ouvrir de nouvelles opportunités pour les citoyens et entrepreneurs. Les possibilités d'investissement devraient être facilitées, surtout à destination des pays en développement.
Concurrence déloyale
Les ministres du Commerce du G20 ont souligné le besoin de lutter contre la concurrence déloyale. Pour eux, notamment, « les problèmes structurels comme la surcapacité dans certains secteurs peuvent avoir un impact négatif ».
Pour aller plus loin, « beaucoup de membres du G20 » ont affirmé le besoin de renforcer les règles internationales sur les subventions industrielles et un certain nombre de membres ont soulevé la question des subventions à l'agriculture, selon la déclaration.
Petites et moyennes entreprises
La Présidence italienne du G20 a proposé une boîte à outils à destination des micro, petites et moyennes entreprises. Cet instrument non contraignant vise à apporter une aide aux entreprises ainsi qu'aux gouvernements. La déclaration commune du G20 « prend note » seulement de la proposition italienne.
Elle affirme toutefois son soutien à un meilleur accès à l'information des PME et l'importance de « renforcer les capacités et les ressources stratégiques des micro, petites et moyennes entreprises ».
Commerce et environnement
Les ministres se contentent de déclarations de principe dans la partie sur le commerce et à la durabilité environnementale. Ils affirment que le commerce et l'environnement « doivent se soutenir mutuellement et contribuer à l'utilisation optimale des ressources mondiales ».
De manière plus concrète, ils espèrent un accord significatif sur les subventions à la pêche lors de la 12e conférence ministérielle de l'OMC. « Si nous voulons éviter les coûts sociaux et économiques du changement climatique, la première étape est de s'accorder sur les subventions à la pêche pour garantir la durabilité des ressources maritimes », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi di Maio.
Voir la déclaration : https://bit.ly/3oVeg0d (Léa Marchal)