L’Union européenne et l’Ukraine, selon un projet de déclaration conjointe du 23e sommet UE/Ukraine prévu le 12 octobre à Kiev et dont EUROPE a eu copie, devraient saluer les nombreux progrès accomplis par ce pays.
Ainsi, ce projet de 11 pages du cabinet du président du Conseil européen en date du 6 septembre, qui devait être débattu le 8 septembre par les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE, contient pas moins de 30 fois le terme « salué » (welcomed).
La déclaration des présidents du Conseil européen, de la Commission européenne et de l’Ukraine devrait permettre de réaffirmer la « volonté constante de renforcer l'association politique et l'intégration économique de l'Ukraine avec l'UE sur la base de l'accord d'association et de sa zone de libre-échange approfondie et complète (DCFTA) ». Selon l’Union et Kiev, ce renforcement passera en outre par la poursuite d’« une coopération étroite pour renforcer l'État de droit, faire avancer les réformes, favoriser une croissance économique durable, soutenir les transitions verte et numérique et accroître la résilience ».
L’accord d’association et le DCFTA sont au cœur du projet de texte, qui salue les résultats déjà obtenus dans la mise en œuvre de l’accord et le « succès » du DCFTA, « qui a soutenu l'augmentation substantielle des flux commerciaux bilatéraux depuis le début de son application en janvier 2016, l'UE étant le premier partenaire commercial de l'Ukraine ».
Les deux parties pourraient aussi se réjouir à la perspective de renforcer l'intégration économique et le rapprochement des réglementations dans le cadre de l'accord, citant les travaux en cours sur la suppression des droits de douane, le Green Deal et la transition écologique de l’Ukraine, le climat, la connectivité, les télécommunications et le numérique, ou encore l’accord sur la conformité et l'acceptation des produits industriels (ACAA) (EUROPE 12424/18).
L’Union et l’Ukraine devraient aussi rappeler l'importance de poursuivre la coopération en vue de l'intégration des marchés et des systèmes énergétiques de l'Ukraine dans le marché énergétique de l'UE et réaffirmer le rôle de l’Ukraine en tant que pays de transit stratégique pour le gaz.
Le sommet pourrait également être l’occasion de signer les accords sur l’espace aérien commun et sur l'adhésion de l'Ukraine au programme Horizon Europe.
Lors du sommet, les deux parties devraient aussi faire le point sur l’examen de l’accord d’association « en vue d'une évaluation conjointe qui sera présentée lors du sommet bilatéral de 2022 à Bruxelles ».
Par ailleurs, la déclaration devrait saluer les efforts de réformes réalisés par l’Ukraine, notamment dans le domaine du judiciaire, de la lutte contre la corruption et des terres. « Nous sommes convenus de la nécessité d'accélérer et de renforcer encore ces efforts », devraient ajouter les présidents.
Ils pourraient également estimer qu’il faut encore renforcer la coopération dans le domaine de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) et de l'alignement sur la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), en prenant acte de la volonté de l'Ukraine de participer à des projets de la coopération structurée permanente (CSP ou PESCO en anglais). L'UE pourrait également promettre d’examiner les domaines dans lesquels la Facilité européenne de soutien à la paix pourrait être utile pour renforcer la résilience de l'Ukraine.
Le document revient aussi sur le « haut niveau de solidarité, d’unité et d’engagement mutuel » démontré pour faire face à la pandémie de Covid-19.
Enfin, comme à l’accoutumée, l’UE devrait réitérer son soutien et son attachement indéfectibles à l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues. (Camille-Cerise Gessant)