Le réseau mondial d’ONG Climate Action Newtork (CAN) a demandé le report de la 26e Conférence des Parties des Nations unies sur le changement climatique (COP26), mardi 7 septembre, au motif que cette dernière ne pourra être « sûre, inclusive et juste » en raison de la pandémie de Covid-19.
« Au vu du calendrier actuel de la COP26 (du 31 octobre au 12 novembre, à Glasgow), il est difficile d’imaginer une participation équitable des pays du sud dans des conditions sûres, et la conférence devrait donc être reportée », a ainsi déclaré Tasneem Essop, directrice exécutive de ce réseau de plus de 1 500 organisations de la société civile.
CAN craint que des délégations, des journalistes et des militants de la société civile issus des pays du Sud – dont beaucoup figurent actuellement sur la « liste rouge » du Royaume-Uni (pays hôte de la COP26) pour les cas de Covid-19 – se retrouvent de facto exclus de la COP à cause d’un accès limité aux vaccins dans ces pays.
Rappelant que plus de la moitié de la population européenne est entièrement vaccinée alors que seulement 3% de l’Afrique l’est, l’ONG mentionne également l’augmentation des coûts de voyage et d’hébergement et l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie comme d’autres freins à la tenue d’une COP juste et inclusive en novembre.
Dans ce contexte, même si « les négociations sur le climat sont importantes », « elles ne peuvent tout simplement pas se poursuivre en excluant les voix de ceux qui ont particulièrement besoin d’être entendus en ce moment », a estimé Mme Essop.
Et CAN de préciser : « Cet appel au report de la COP26 n’implique en aucun cas un report de l’action climatique urgente ou un boycott des négociations sur le climat ».
En réaction à cet appel, le président de la COP26, Alok Sharma, a défendu le maintien de la COP26, en présentiel, début novembre.
Dans une déclaration écrite (https://bit.ly/2WUTan9 ), il a déclaré que le gouvernement britannique est prêt à financer les séjours en hôtel pour les quarantaines des délégués, observateurs et médias arrivant de zones rouges, ainsi qu’à vacciner les délégués accrédités qui ne pourraient pas se faire vacciner autrement.
Londres a en outre indiqué que les délégués inscrits pour recevoir un vaccin par le biais du processus d’accréditation vont commencer à recevoir leur première dose cette semaine, sans toutefois préciser leur nombre. (Damien Genicot)