Le vice-président du groupe S&D au Parlement européen sur les Affaires étrangères, le Portugais Pedro Marques, a estimé, mardi 7 septembre, que l’UE pouvait faire la différence au Liban.
« Nous avons des responsabilités en tant qu’Européens. Nous pouvons faire la différence parce que nous sommes des donateurs et des partenaires importants », a-t-il expliqué à EUROPE, à l’issue d’un voyage de trois jours au Liban avec quatre autres membres du groupe : Isabel Santos (portugaise), Tonino Picula (croate), Evin Incir (suédoise) et Nora Mebarek (française).
« Nous allons mettre la pression, du côté du PE pour qu’il y ait des réformes concrètes », a prévenu le député européen, ajoutant que le soutien financier européen et le soutien de la communauté internationale dépendraient de cela.
Il a rappelé que l’UE pouvait utiliser son soutien financier pour faire pression sur les politiques, tout comme son régime de sanctions, qui pourrait être appliqué si la situation ne s’améliore pas.
« L’utilisation des sanctions est la dernière chose que nous voulons faire pour avoir un changement politique. Nous voulons que les sanctions ne soient pas nécessaires, ce qui veut dire que le pays doit faire des réformes et qu’il doit changer. Si cela se produit, les sanctions ne seront pas nécessaires », a-t-il expliqué. Et de prévenir : « Si cela n’arrive pas, les personnes responsables de la situation doivent être pénalisées ».
Le député a qualifié la crise libanaise de « désastre d’un point de vue humanitaire », ajoutant que les gens étaient « en manque d’à peu près tout ». 74% de la population libanaise serait touchée par la pauvreté, selon les Nations Unies. De plus, d'après M. Marques, « la population ne croit plus ces politiciens. Ils doivent changer ».
Ainsi, au-delà de la mise en place d’un nouveau gouvernement, ce qu’il faut, a expliqué l'eurodéputé, c’est un gouvernement « sérieux ('meaningful') qui fasse les réformes » et « trouve un accord avec le Fonds monétaire international et s’engage avec les autorités internationales ».
L'eurodéputé a en outre plaidé pour des élections parlementaires, municipales et présidentielles justes, transparentes et indépendantes en 2022. « Nous avons été très clairs sur ce point avec le gouvernement, le Parlement. Et nous avons besoin d’assurances, car la Commission électorale dit qu’elle n’a pas les moyens (de travailler) en ce moment. Ces moyens doivent clairement être trouvés, nous avons été très clairs là-dessus », a précisé M. Marques.
Il a ajouté que des représentants du Parlement européen seraient certainement présents pour surveiller les élections. Pour cela, le Liban doit inviter une mission d’observation électorale.
Le député a ajouté que son groupe allait demander un débat d’urgence sur le Liban en session plénière du Parlement européen, lors de la session du 13 au 16 septembre. « Nous voulons que le Parlement soit clair, afin que le Haut Représentant de l'UE sache que le Parlement, lui aussi, pense que la situation est complètement inacceptable et qu’il faut du changement », a expliqué M. Marques. (Camille-Cerise Gessant)