Le calendrier serré pour la présentation des plans stratégiques pour la politique agricole commune (PAC) inquiète plusieurs ministres de l’Agriculture de l’UE : c’est ce qui ressort de débats qui ont eu lieu lundi 6 et mardi 7 septembre en Slovénie à l’occasion de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE.
Lors d’une réunion, lundi, du comité spécial agriculture (CSA), la Commission européenne a par ailleurs indiqué que les actes délégués et actes d’exécution mettant en œuvre la PAC ne seront publiés qu’à partir de fin novembre, voire début décembre. Face à l’impatience de plusieurs délégations, la Commission a indiqué que les projets d’actes les plus urgents seront préparés et discutés par anticipation pour permettre leur adoption « dès que possible ».
Plusieurs délégations ont interrogé la Commission sur la possibilité de rendre les plans stratégiques nationaux après la date butoir de fin décembre 2021.
« Il nous faut la législation secondaire pour avoir tous les détails et finaliser notre texte, cela prend du temps. Nous sommes inquiets et nous ne sommes pas les seuls », a expliqué, en Slovénie, le vice-ministre tchèque de l’Agriculture, Jiří Šír. Selon lui, l’article 106 du règlement sur les plans stratégiques permet à un État de soumettre un plan stratégique national incomplet dans des cas dûment justifiés.
Or, le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, est contre cette flexibilité. Il souhaite que les plans soient présentés d'ici fin décembre.
La Belgique est aussi en difficulté. « Nous avons deux plans stratégiques, pour la Flandre et la Wallonie. Cela sera difficile de les conclure avant la fin de l'année », a dit le ministre David Clarinval.
« Nous travaillons dur, avec l'idée que le 1er janvier est notre date butoir. C'est un défi », a estimé, de son côté, le ministre irlandais Charlie McConalogue.
Fin juin, les trois institutions de l’UE ont ficelé un accord sur la réforme de la PAC. Chaque État doit préparer, d'ici fin 2021, un plan stratégique détaillant son usage des fonds. Ce plan devra être approuvé, après discussions, par la Commission, pour débloquer les crédits.
« Je m'attends à ce que les négociations soient ardues autour des sujets difficiles : ampleur des paiements redistributifs, écorégimes, bio », a expliqué M. Wojciechowski lundi.
« Le problème sera de déterminer si ces plans sont assez ambitieux » sur le plan environnemental « ou s'il faut les muscler », a-t-il poursuivi.
Zones rurales. Les ministres européens ont discuté, mardi, du renforcement du dialogue entre zones urbaines et rurales. « L'intégration de l'agriculture et de ses pratiques dans la nouvelle structure de l'habitat rural constitue un défi particulier », selon un communiqué de la Présidence slovène du Conseil. Le ministre slovène, Jože Podgoršek, a déclaré que le débat était une contribution importante pour l'avenir des zones rurales. La Commission a présenté le document sur la vision à long terme des zones rurales. (Lionel Changeur)