Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a annoncé, mercredi 21 juillet, que son gouvernement organiserait un référendum sur la loi entrée en vigueur début juillet en Hongrie (EUROPE 12748/1) et qui, au motif de lutter contre la pédocriminalité, interdit la représentation de l'homosexualité et de la transidentité dans les écoles, les médias et les publicités de service public pour les moins de 18 ans.
Cette annonce intervient quelques jours après que la Commission européenne, qui considère cette loi discriminatoire à l'égard des personnes LGBTIQ+ (EUROPE 12747/7), a lancé une procédure d'infraction contre la Hongrie à ce sujet (EUROPE 12748/1).
« Bruxelles a clairement attaqué la Hongrie ces dernières semaines », a accusé le Premier ministre hongrois dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux.
Il a précisé que cinq questions seraient posées dans le cadre du référendum. Les Hongrois devront indiquer si, oui ou non, ils sont favorables : - à la tenue, dans les établissements d'enseignement public, « d'interventions visant à initier les mineurs à des sujets relatifs à l'orientation sexuelle sans l'autorisation des parents » ; - à la « promotion » auprès des mineurs des traitements permettant de changer de sexe ; - à ce que ces traitements soient mis à disposition des mineurs ; - à ce que les mineurs puissent voir, sans aucune restriction, « des contenus médiatiques à caractère sexuel susceptibles d'influencer leur développement » ; - à la présentation aux mineurs de contenus médiatiques « représentant un changement de sexe ».
« Je demande que nous disions 'non' à ces questions ensemble, comme nous avons dit 'non' il y a cinq ans, lorsque Bruxelles voulait forcer la Hongrie à accepter des migrants. À l'époque, un référendum et la volonté commune du peuple ont stoppé Bruxelles », a insisté le Premier ministre.
Invitée à réagir à ces déclarations, jeudi 22 juillet, la porte-parole adjointe de la Commission européenne, Dana Spinant, a indiqué que la Commission ne se prêterait pas « à ce type de jeu » et a rappelé que la Commission avait déjà exprimé à plusieurs reprises ce qu'elle pensait « politiquement et juridiquement » de cette loi (EUROPE 12747/7).
« Nous attendons maintenant que le gouvernement hongrois réponde à nos préoccupations », a-t-elle précisé au sujet de la lettre de mise en demeure adressée à Budapest la semaine dernière. « Nous ne pouvons pas commenter - et il ne serait pas approprié que nous le fassions - les outils qu'un gouvernement utilise s'agissant de sa propre législation et qui peuvent inclure une consultation populaire ou un référendum », a-t-elle ajouté. (Agathe Cherki)