Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, lundi 12 juillet, que des sanctions devraient être envisagées concernant l’Éthiopie alors que la situation humanitaire au Tigré est catastrophique.
« Je crois que la situation en Éthiopie nécessiterait certainement que nous examinions toutes les possibilités à notre disposition. L’option de mesures restrictives devrait être sur la table », a estimé le Haut Représentant à l’issue du Conseil 'Affaires étrangères'.
Ainsi, malgré le cessez-le-feu annoncé par le gouvernement, « la situation n’a jamais été aussi mauvaise au Tigré », a-t-il prévenu, citant un risque de famine pour 1,85 million de personnes, l’utilisation de la violence contre les civils et du viol comme arme de guerre.
« Le cessez-le-feu est positif, mais ce qu’il se passe aujourd’hui est que le Tigré est coupé du reste du monde, (…) ce qui fait courir à la région un risque de famine de masse », a souligné M. Borrell.
Si l’UE organise un pont aérien pour faire parvenir de l’aide humanitaire à la région, le Haut Représentant a rappelé qu’elle ne pourrait pas, seule, résoudre ce conflit. Il a appelé les États membres à faire des dons « comme signe clair de la solidarité européenne ». Selon lui, la situation sur place nécessite la mobilisation des agences des Nations Unies et un accès humanitaire.
M. Borrell a également appelé à la consolidation du cessez-le-feu, au retrait des troupes étrangères d’Éthiopie, à la fin des violations des droits de l’homme et au lancement d’un dialogue national de réconciliation « afin de préserver l’unité politique et l’intégrité » de l’État éhiopien. (Camille-Cerise Gessant)