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Bulletin Quotidien Europe N° 12728
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie

La Commission européenne ne rendra pas publique, pour l’heure, la liste des composants industriels critiques dont l'UE est dépendante

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a indiqué que la Commission européenne ne comptait pas, pour l’heure, rendre publique la liste des produits pour lesquels l’Union européenne présente une très forte dépendance vis-à-vis de pays tiers, jeudi 27 mai à l’issue du Conseil ‘Compétitivité’.

Dans le cadre de la mise à jour de la stratégie industrielle, la Commission européenne a présenté une fine analyse des dépendances stratégiques de l’UE vis-à-vis de pays tiers, à la lumière de la pandémie de Covid-19 notamment (EUROPE 12713/6, 12711/13). 

Sur 5 000 produits analysés, 137 produits sensibles ont été identifiés, dont 34 ont été reconnus comme extrêmement sensibles. Cette liste n’a toutefois pas été publiée pour des raisons de sécurité économique.

Interrogé par EUROPE sur la possibilité de rendre publique la liste de ces produits, M. Breton a indiqué qu’« à ce stade », ce n’était pas une nécessité, car, en le faisant, l'UE risquerait de « s’affaiblir ». « Nous, on sait, et on y travaille », a-t-il ajouté. Pour autant, le commissaire a indiqué que la liste des alliances envisagées et des projets importants d’intérêt européen commun (PIEC) pouvait donner des indices forts sur la nature de ces composants critiques. Il a cité les projets d’alliance dans le domaine de l’hydrogène, du cloud et des semi-conducteurs.

Rôle du Conseil 'Compétitivité'

Répondant à EUROPE sur un éventuel renforcement du rôle du Conseil ‘Compétitivité’ parmi les formations sectorielles du Conseil, le commissaire a décelé « une montée en puissance du Conseil 'Compétitivité' », celui-ci devant jouer un rôle « central » pour « accompagner la sortie de crise ».

M. Breton a d’ailleurs précisé qu’à chaque réunion du Conseil ‘Compétitivité’ à venir, les ministres compétents se pencheront sur un écosystème en lien avec les voies de transition ('transition pathways') développées dans le cadre de la stratégie.

Jeudi, le tourisme était à l’honneur. Il ne serait pas « impossible » que les industries à haute intensité énergétique soient abordées lors de la prochaine réunion ministérielle sous Présidence slovène du Conseil.

Marché intérieur, PME et bataille normative

Pour le ministre portugais à l’Économie et au Numérique, Pedro Siza Vieira, les échanges avec les ministres ont démontré une nouvelle fois l’importance du marché intérieur pour l'UE, mais aussi sa fragilité mise en lumière par la pandémie. À ce titre, il a souligné que de nombreux États membres avaient évoqué l'enjeu de l’approvisionnement en matières premières.

Par ailleurs, Thierry Breton a signalé la situation des PME et les nombreuses difficultés - problèmes de liquidité, insolvabilité - auxquelles elles sont confrontées avec la crise.

Il a par ailleurs abordé la question des normes, regrettant que l’Union soit devenue un « standard taker » et non un « standard maker ». Il a souhaité que l’Union soit plus active au sein des institutions internationales de normalisation.

Arrêt du tribunal de La Haye

Enfin, le commissaire n’a pas désiré commenter l’éventuelle incidence de l’arrêt du tribunal de La Haye, qui, la veille, avait demandé au groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell de réduire drastiquement ses émissions de CO2 d’ici à 2030. Pour lui, la voie tracée par la stratégie industrielle est la bonne, tant en matière de décarbonation que de transition. (Pascal Hansens)

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