Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, jeudi 27 mai, que l’élection présidentielle tenue la veille en Syrie ne répondait à « aucun des critères d'un scrutin véritablement démocratique et ne (contribuait) pas au règlement du conflit » (EUROPE 12678/2).
Les Syriens ont voté dans les régions sous contrôle du régime, soit les deux tiers du pays. Le scrutin devrait permettre à Bachar Al-Assad d’obtenir un quatrième mandat de sept ans. Il s’agit de la deuxième présidentielle depuis le début du conflit en 2011, après le scrutin de 2014 remporté par Al-Assad avec 88% des voix.
Selon M. Borrell, cette élection sape les efforts déployés pour trouver une solution durable au conflit syrien et ne peut conduire à une quelconque normalisation internationale avec le régime syrien.
« Les élections en Syrie ne doivent avoir lieu que dans le cadre d'un véritable processus politique, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elles ne peuvent être crédibles que si tous les Syriens, y compris les personnes déplacées à l'intérieur du pays, les réfugiés et les membres de la diaspora, peuvent y participer dans un environnement sûr et neutre, sans menace d'intimidation, dans le cadre d'une compétition politique libre et équitable », a-t-il rappelé dans un communiqué.
Le Haut Représentant a expliqué que l’UE était prête à soutenir la tenue d'élections libres et régulières en Syrie, conformément à la résolution 2254 et sous la supervision des Nations unies, selon les normes internationales les plus strictes en matière de transparence et de responsabilité, tous les Syriens pouvant y participer.
M. Borrell a aussi exigé la fin de la répression, la libération des détenus et un engagement réel du régime syrien et de ses alliés en faveur de la mise en œuvre intégrale de la résolution 2254. (Camille-Cerise Gessant)