Invitées à s’exprimer, lundi 3 mai, dans le cadre d’une conférence convoquée par la Présidence portugaise du Conseil de l’UE, les commissaires européennes chargées de la Santé et de la Recherche, Stella Kyriakides et Mariya Gabriel, ont rappelé que le succès du nouveau plan européen de lutte contre le cancer (EUROPE 12650/1) dépendrait en grande partie des efforts déployés dans les secteurs de la recherche et de l’innovation (R&I).
La commissaire à la Santé a ainsi qualifié la R&I de « point de départ » pour permettre des progrès tant en matière de prévention de la maladie que d’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de cancers ainsi que des « survivants ».
Stella Kyriakides et Mariya Gabriel ont en outre évoqué la mise en œuvre, dans le cadre du nouveau programme-cadre de l’UE pour la R&I, Horizon Europe, d’une « mission » consacrée au cancer.
L’objectif de cette mission, a rappelé Mme Gabriel, sera de sauver plus de trois millions de vies d’ici 2030, en permettant aux patients de vivre mieux et plus longtemps.
« Ce partenariat [entre le plan d’action contre le cancer et Horizon Europe] est essentiel et garantira que les objectifs de recherche soient cohérents et les objectifs politiques réalistes », a commenté, quant à elle, Mme Kyriakides.
Toutes deux ont précisé que le nouveau programme-cadre soutiendrait davantage les projets de recherche consacrés à la lutte contre le cancer, dont certains ont été retardés par la crise sanitaire.
Projet de déclaration commune
Nombre d’intervenants ont insisté sur l’importance de faire de la lutte contre le cancer une responsabilité commune dans l’UE.
La Présidence portugaise du Conseil de l'UE a profité de cette conférence pour présenter une déclaration à cet égard, baptisée « Déclaration de Porto sur la recherche sur le Cancer ». Les vingt-sept États membres ont été invités à la soutenir.
Le texte « détaille les étapes nécessaires à la mise en place des infrastructures requises pour intensifier la recherche en Europe » sur tous les aspects de la maladie, a indiqué la ministre portugaise de la Santé, Marta Temido.
La déclaration porte, par ailleurs, sur le déploiement des centres de lutte contre le cancer (CLCC), qui assurent des missions de soins, de recherche et d'enseignement.
« Dix États membres ne disposent toujours pas d’un réseau bien intégré de CLCC », a insisté le ministre portugais des Sciences et des Technologies, Manuel Heitor, estimant que le renforcement de ces réseaux, aux niveaux national et régional « devrait être la priorité pour les années à venir ».
À noter, enfin, que le même jour, la commissaire Kyriakides participait à la première réunion du sous-groupe consacré au cancer créé au sein du groupe de pilotage de la Commission européenne sur la promotion de la santé, la prévention des maladies et la gestion des maladies non transmissibles.
L’Europe enregistre un quart des cas mondiaux de cancer, bien qu’elle ne représente que 10% de la population mondiale. En 2020 seulement, 2,7 millions de personnes se sont vu diagnostiquer un cancer dans l’UE et 1,3 million de personnes en sont décédées, ont rappelé les intervenants ce lundi. Le cancer demeure, dans l’UE, la seconde cause de mortalité après les maladies cardio-vasculaires.
Pour consulter la déclaration de Porto : https://bit.ly/2QI2o33 (Agathe Cherki)