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Bulletin Quotidien Europe N° 12711
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ACTION EXTÉRIEURE / Russie

L’UE condamne les mesures à l’encontre de Mme Jourová et de M. Sassoli

L’Union européenne a condamné, vendredi 30 avril et samedi 1er mai, la décision du 30 avril des autorités russes d'interdire à huit ressortissants de l'UE, dont le président du Parlement européen, David Sassoli, et la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová (EUROPE 12710/29), d'entrer sur le territoire de la Fédération de Russie.

« Cette décision, qui vise directement l'UE et ses États membres, est inacceptable, dépourvue de toute justification juridique et sans fondement », a dénoncé le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, dans une déclaration au nom des Vingt-sept, soulignant la solidarité de l’UE envers les personnes sanctionnées.

Selon lui, Moscou a « jusqu’à présent choisi la voie de la confrontation au lieu de chercher à inverser la trajectoire négative des relations UE/Russie ».

M. Borrell a prévenu que les actions de la Russie ne dissuaderont pas l'UE de continuer à défendre les droits de l'homme, la démocratie et le droit international ni de demander des comptes aux responsables de violations et d'abus des droits de l'homme.

Les présidents des trois institutions – Commission européenne, Conseil européen et Parlement européen – ont condamné « avec la plus grande fermeté » la décision russe dans des termes identiques. « Cette action vise directement l'UE, et pas seulement les personnes concernées », ont-ils dénoncé dans une déclaration commune. Les trois présidents ont prévenu que l’UE se réservait le droit de prendre les mesures appropriées en réponse à la décision des autorités russes.

M. Sassoli a prévenu qu’aucune sanction ou intimidation ne dissuadera le Parlement européen ou lui-même de défendre les droits de l'homme, la liberté et la démocratie. « Les menaces ne nous feront pas taire. Comme l'a écrit Tolstoï, il n'y a pas de grandeur là où il n'y a pas de vérité », a-t-il souligné, via Twitter.

« Les efforts continus de la Russie pour semer la désinformation et pour miner les droits de l’homme méritent une réaction forte et continue. Si [le fait d’être sanctionnée] est le prix pour dire la vérité, alors je le paierai volontiers », a pour sa part commenté Mme Jourová.

Lundi 3 mai, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Chizhov, a été convoqué et reçu par les secrétaires généraux de la Commission européenne, Ilze Juhansone, et du Service européen d'action extérieure (SEAE), Stefano Sannino. « L'ambassadeur a été informé du rejet et de la condamnation ferme, par les institutions de l'UE et les États membres de l'UE, de cette décision qui est purement motivée par des considérations politiques et n'a aucune justification juridique », a précisé un communiqué de la Commission européenne. Les secrétaires généraux ont exprimé leur vive inquiétude quant à l'impact cumulatif des dernières décisions russes - l'expulsion de diplomates tchèques et la liste des « États inamicaux » - sur les relations entre l'UE et le gouvernement russe, prévenant que l'UE se réservait le droit de prendre les mesures appropriées en réponse.

Du côté russe, le ton du communiqué est tout autre. Selon la mission russe auprès de l'UE, l'état actuel des relations entre la Russie et l'UE a été discuté et les deux parties ont exprimé leurs regrets quant à la tendance à leur détérioration, qui s'est récemment intensifiée. Selon la mission, l'importance des efforts diplomatiques pour rectifier la « situation malsaine actuelle » dans le dialogue entre Moscou et Bruxelles a été soulignée et la partie russe a réaffirmé qu'elle était prête à s'engager dans cette voie.

La décision russe sera à l'agenda des ministres des Affaires étrangères européens lors de leur réunion du 10 mai. Ils discuteront notamment « de la façon la meilleure et la plus efficace de répondre aux récentes actions russes », a annoncé le porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Peter Stano (EUROPE 12708/5).

Conseil de l'Europe

Est visé également l'élu français LREM Jacques Maire, chargé de deux rapports consacrés à l'affaire Navalny au sein de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. « Je suis étonné de la décision russe », a-t-il affirmé sur Twitter le 30 avril, « car le Conseil de l'Europe n'a pas pris de sanction. Pas d'impact sur mon mandat et mon travail d'enquête basé sur les faits et le droit. La Russie limite sa capacité à faire valoir son point de vue auprès du rapporteur ».

Adopté en avril, le premier rapport de Jacques Maire avait permis l'adoption d'une résolution et d'une recommandation appelant à la libération immédiate de Navalny en application des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme. Le second, consacré à l'enquête sur l'empoisonnement de l'opposant, sera débattu et voté à la plénière de juin. (Camille-Cerise Gessant et Véronique Leblanc)

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