Le chercheur principal (senior fellow) de l'institut Bruegel, J. Scott Marcus, s’est félicité, lundi 22 février, devant les eurodéputés de la commission du marché intérieur et la protection des consommateurs (IMCO) de la décision de centraliser les vaccins au niveau européen. Toutefois, la mise en œuvre de cette décision pose « clairement » problème, selon lui.
« La décision de centraliser était une bonne décision, la mise en œuvre a été horriblement défaillante », a résumé le chercheur, pressé par plusieurs eurodéputés, dont Jordi Cañas (Renew Europe, espagnol), Anna Cavazzini (Verts/ALE, allemande) ou Anne-Sophie Pelletier (La Gauche, française).
Lors de la présentation d’une étude qu'il a co-écrite sur l’incidence de la Covid-19 sur le marché intérieur, le chercheur a expliqué que la centralisation de l’achat des vaccins était la bonne solution à prendre pour éviter une concurrence entre États membres. Il a pris pour exemple le cas américain, où les États fédérés étaient en concurrence pour l’achat de ventilateurs, notamment, ce qui a eu des effets particulièrement délétères.
Toutefois, pour le chercheur, l’achat en commun doit être amélioré, car la réponse européenne a été trop lente. L’objectif est de mettre un terme à la pandémie au plus vite : le coût par personne de la pandémie est d’environ 18 000 euros par an, a-t-il rappelé en se fondant sur une étude américaine, tandis que l’achat d’une dose individuelle d’un vaccin est de moins de 30 euros. Il faut ainsi, selon lui, que l’instrument d’aide d’urgence au sein de l’UE (ESI) soit mieux doté pour donner plus de marge de manœuvre.
La gestion des chaînes de production doit être mieux faite, toujours d'après le chercheur, mais sans nécessairement passer par le recours à des sanctions contre les producteurs, car il faut prendre en compte le nombre d’inconnues non maitrisables pour les entreprises, a-t-il insisté.
Logiciel de traçage. Le chercheur a également mis en avant l’échec des logiciels de traçage en Europe en raison du respect des données privées, ce qui a privé l’Europe d’un outil qui a été efficace en Asie du Sud-est. Il faudra lancer une discussion sur ce sujet, une fois la pandémie passée et les esprits apaisés, a-t-il souligné. Dans tous les cas, il a estimé que l’Union devait veiller à une interopérabilité des logiciels nationaux, ce que la Commission européenne a essayé de faire trop tard, selon lui.
Passeport vaccinal. Abordant la question du tourisme, le chercheur a clairement appuyé la nécessité d'avoir un passeport vaccinal, comprenant éventuellement la mention d'un test de dépistage récent. Il a toutefois reconnu que la question des privilèges assortis à l'obtention du passeport allait être délicate.
Covax. Abordant la question de la coopération internationale, J. Scott Marcus a insisté pour que l’Union travaille à renforcer l’effort dans le cadre du mécanisme pour un accès mondial aux vaccins contre la Covid-19. En effet, selon lui, les volumes financiers engagés ne sont pas suffisants.
Pour consulter l’étude : https://bit.ly/37H4Vzv (Pascal Hansens)