Que ce soit pour le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, ou pour le vice-président de la Commission européenne responsable du 'Pacte vert', Frans Timmermans, la transition écologique ne pourra être réussie que grâce à un renforcement du rôle des partenaires sociaux, ont-ils estimé lors d’une conférence de trois jours organisée par l’Institut syndical européen (ETUI) et la Confédération européenne des syndicats (CES), jeudi 4 et vendredi 5 février.
Pour les deux responsables, la transition verte, pour être réussie, doit être juste et, pour être juste, elle doit se faire en collaboration le plus étroitement possible et à tous les niveaux avec les partenaires sociaux. « Nous ne pourrons y parvenir (à la réussite de la transition verte, NDLR) que si, à tous les niveaux, les syndicats sont considérés comme une partie intégrante du processus décisionnel et comme une partie intégrante de l'élaboration et de l'exécution des politiques », a ainsi déclaré M. Timmermans le 5 février.
Citant ses échanges avec Luca Visentini, le secrétaire général de la CES, le vice-président a souligné son entier soutien aux syndicats. « Vous pouvez compter sur moi pour être l’avocat de ceux qui disent ‘ce sera une transition juste ou ce ne sera juste pas une transition’ ».
La veille, de son côté, le commissaire Schmit avait insisté sur la nécessité de renforcer le rôle des partenaires sociaux et le dialogue social, qui, selon lui, joue un rôle « essentiel » dans la démocratie européenne.
À ce titre, il a rappelé le rôle qu'auront la directive sur les salaires minimums (EUROPE 12638/11) et le processus budgétaire du 'Semestre européen', dont le ‘social scoreboard’ revisé devrait être présenté en même temps que le plan d’action sur le socle européen des droits sociaux (EUROPE 12588/12), le 3 mars prochain.
Pour ce commissaire social-démocrate, il faut effectivement revoir le « corpus social » européen (‘social rulebook’), reprenant le vocable de la présidente de la Commission européenne (EUROPE 12650/24). Pour lui, il est temps de retourner à une véritable économie « sociale » de marché et de mettre fin au « modèle friedmanien », du nom du célèbre économiste néolibéral Milton Friedman. Pour le commissaire, il faut remettre en état l’État, qui a prouvé son rôle clé durant la crise de la pandémie. Sans État, pas d’investissements massifs dans les vaccins, a-t-il rappelé.
Interrogé par une intervenante, le commissaire a reconnu qu’il fallait repenser la notion de pouvoir, repenser l’entreprise, repenser les indicateurs utilisés. En revanche, abordant le sujet des travailleurs des plateformes, le commissaire a répété qu’il ne souhaitait pas ouvrir la question du statut de travailleur au niveau européen, sujet par trop épineux, à ses yeux. Une frilosité qui pourrait décevoir dans les rangs syndicaux. (Pascal Hansens)