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Bulletin Quotidien Europe N° 12653
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ACTION EXTÉRIEURE / Russie

Selon M. Borrell, l’UE doit « tirer les conséquences » de sa visite compliquée à Moscou

Alors que, devant les médias, aux côtés du ministre russe des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, vendredi 5 février, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, s’était montré diplomate et avait fait profil bas, il a fait preuve de plus de fermeté sur son blog, dimanche 7 février.

« Je me suis rendu à Moscou pour tester, par le biais d'une diplomatie de principe, si le gouvernement russe était intéressé à aborder les différences et à inverser la tendance négative de nos relations. La réaction que j'ai reçue va visiblement dans une autre direction. Ainsi, en tant qu'UE, nous devrons réfléchir aux implications plus larges et tracer la voie à suivre », a-t-il souligné sur son blog, au retour de sa visite qu’il a qualifiée de « très compliquée ».

« Une conférence de presse organisée de manière agressive et l'expulsion de trois diplomates de l'UE lors de ma visite indiquent que les autorités russes n'ont pas voulu saisir cette occasion d'avoir un dialogue plus constructif avec l'UE », a-t-il expliqué.

En représailles de l’expulsion de leurs diplomates, l'Allemagne, la Suède et la Pologne ont décidé de déclarer persona non grata trois diplomates en poste, respectivement, dans les ambassades russes à Berlin et Stockholm et au Consulat général de la Fédération de Russie à Poznan, lundi 8 février.

« En tant qu'UE, nous devrons tirer les conséquences (de l’attitude russe), réfléchir soigneusement à l'orientation que nous voulons donner à nos relations avec la Russie et procéder unis et avec détermination », a insisté M. Borrell, qui a reconnu que cette attitude n’était pas totalement inattendue, mais « regrettable d'un point de vue stratégique russe ».

« Comme toujours, il appartiendra aux États membres de décider des prochaines étapes, et, oui, celles-ci pourraient inclure des sanctions. Nous disposons également d'un autre outil à cet égard, grâce au régime de sanctions de l'UE en matière de droits de l'homme récemment approuvé », a prévenu le Haut Représentant. Le Conseil des Affaires étrangères du 22 février reviendra sur le voyage de M. Borrell en Russie et sur l’avenir des relations entre l’UE et la Russie. Un débat stratégique sur le sujet est également prévu lors du Conseil européen des 25 et 26 mars. 

Lundi 8 février, à l’initiative de la Pologne, les représentants permanents des États membres auprès de l’UE, les ambassadeurs des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’UE et du Canada et des représentants de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure ont discuté en visioconférence des relations UE-Russie, des questions liées au manque de respect des droits de l'homme et de la mise en œuvre de sanctions à l’encontre du pays, avec des associés d’Alexeï Navalny : Vladimir Ashurkov et Leonid Volkov.

Et si son voyage ne faisait pas l’unanimité entre les États membres et au Parlement européen, et malgré ses résultats, M. Borrell a une nouvelle fois justifié sa visite. « Nous devons faire face à des défis, notamment celui de rencontrer les autres sur leur propre terrain, juste au moment où des événements négatifs se produisent, afin de nous permettre de mieux évaluer les situations auxquelles nous sommes confrontés et les mesures que nous devrions prendre. Je préfère cela à rester dans la réaction et à attendre que les choses se passent », a-t-il expliqué.

Des explications qui n'ont pas convaincu une partie du Parlement européen, avec qui il débattra de la Russie ce mardi. Lundi 8 février, à l'heure de notre bouclage, 80 députés européens, à l'initiative de l'eurodéputé PPE estonien Riho Terras, appelaient le Haut Représentant à démissionner ou, s’il ne le faisait pas, demandaient à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de prendre des mesures.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les développements humiliants lors de la visite de Josep Borrell à Moscou, qui ont a grandement nui à la réputation de l'Union européenne », soulignent-ils dans une lettre à destination de Mme von der Leyen et obtenue par EUROPE. Selon eux, « le mauvais jugement de M. Borrell, qui a décidé de manière proactive de se rendre à Moscou, et son incapacité à défendre les intérêts et les valeurs de l'UE au cours de sa visite ont causé de graves dommages à la réputation de l'UE et à la dignité de la fonction de Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité ».

Voir la lettre : http://bit.ly/3p2m9Ny (Camille-Cerise Gessant)

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