La crise socioéconomique provoquée par la pandémie de Covid-19, dont tous les effets n'ont pas encore été ressentis dans l'Union européenne, est un test sérieux de la gouvernance économique et des règles prudentielles dans les secteurs bancaire et financier mis en place à l'échelle européenne après la crise de 2008, a noté la Cour des comptes européenne dans un rapport publié jeudi 24 septembre.
Ce rapport, qui n'est pas un audit, reconnaît que le secteur bancaire est entré dans la période de pandémie mieux capitalisé qu'au moment d'affronter la crise financière de 2008. Le droit de l'UE a été renforcé pour améliorer la supervision des entités financières, notamment leur capacité à gérer leur exposition aux risques, comme la détention de titres souverains, ainsi que leurs besoins en liquidité. Le processus du 'Semestre européen' offre aussi un cadre renforcé pour la coordination des politiques socioéconomiques.
Néanmoins, la Cour pointe un certain nombre de faiblesses et défis auxquels les institutions de l'UE et le secteur financier sont confrontés. Elle met en avant les problèmes de profitabilité du secteur bancaire ainsi que la persistance des prêts non performants et la fragmentation des règles d'insolvabilité. En outre, la pandémie de Covid-19 devrait engendrer des pertes additionnelles dans les portefeuilles de crédit.
Par ailleurs, les auditeurs de l'UE relèvent la difficulté à gérer « les intérêts nationaux et européen divergents » et à affronter « l'arbitrage réglementaire » qui permet à des acteurs financiers de choisir la législation nationale qui leur est la plus favorable.
Enfin, les instruments permettant de détecter les risques financiers s'appliquent surtout, à ce stade, au secteur bancaire, le cadre macroprudentiel englobant moins le secteur assurantiel et les entités financières non bancaires.
Voir le rapport de la Cour : https://bit.ly/3i0dUOK (Mathieu Bion)