En attendant la tenue du Conseil extraordinaire des 24 et 25 septembre, désormais prévu les 1 et 2 octobre (EUROPE 12565/18), la Grèce et la Turquie font des pas supplémentaires vers le dialogue sur la situation en Méditerranée orientale.
Ainsi, lors d’une visioconférence, le 22 septembre, le président du Conseil européen, Charles Michel, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, auraient affirmé que « la Turquie et la Grèce sont prêtes à commencer des pourparlers exploratoires » au sujet de la Méditerranée orientale, selon la Présidence turque.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères grec a confirmé que les deux pays étaient convenus de « tenir le 61e cycle de pourparlers exploratoires à Istanbul, dans un futur proche ». Les derniers pourparlers préparatoires datent de 2016.
Lors de la réunion avec Mme Merkel et M. Michel, M. Erdoğan aurait expliqué que « l'élan visant à faire baisser les tensions et à exploiter les canaux de dialogue (devait) être appuyé par des mesures réciproques ».
Dans son allocution à distance devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le président turc a aussi proposé l’organisation d’une conférence régionale sur les litiges territoriaux en Méditerranée orientale, en présence de représentants chypriotes turcs, « où les droits et intérêts de tous les États côtiers seront pris en compte ». Il a estimé qu’ignorer la Turquie pour ce qui concerne les ressources naturelles de la région ne trouve d'explication ni dans la sagesse et la conscience ni dans le droit international. Le président du Conseil européen avait déjà proposé une telle conférence il y a quelques jours (EUROPE 12562/23).
Des progrès dans le cadre de l’OTAN
En parallèle, la Turquie et la Grèce discutent au sein de l’OTAN. Mercredi 23 septembre, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a annoncé que les responsables militaires des deux alliés avaient tenu une « demi-douzaine » de réunions, avec pour objectif la création d’un mécanisme de déconfliction « afin d'éviter le risque d'affrontements aériens ou maritimes accidentels ». « Ces réunions sont en cours et de bons progrès ont été réalisés », a-t-il expliqué. M. Stoltenberg a précisé que ces discussions étaient des « pourparlers militaires techniques » qui complétaient les efforts diplomatiques allemands pour résoudre le conflit.
Situation toujours tendue avec Chypre
Si la situation semble s’apaiser entre la Grèce et la Turquie, il n'en est est pas de même entre la Turquie et Chypre. Dans une interview accordée à Euronews, le ministre des Affaires étrangères chypriote, Nikos Christodoulides, a ainsi estimé qu’il y avait une « escalade » de la part de la Turquie concernant la zone économique exclusive de Chypre. Il a rappelé que son pays avait demandé à Ankara de discuter des frontières maritimes au nord et à l'ouest de Chypre et que le gouvernement turc s’y était opposé. M. Christodoulides a ajouté que Chypre était prêt à s’adresser à la Cour internationale de justice de La Haye et « à accepter tout ce qu'elle décidera ». (Camille-Cerise Gessant)