L'eurodéputé S&D français Raphaël Glucksmann a été élu, mercredi 23 septembre, président de la commission spéciale sur l'ingérence étrangère dans tous les processus démocratiques de l'UE
Il sera secondé par le PPE espagnol Javier Zarzalejos. Les deux hommes étaient les seuls candidats à leur poste. Le reste du bureau n’a, en revanche, pas pu être élu en raison d’un manque de candidates. L’élection devrait se tenir après la prochaine session plénière, prévue du 5 au 8 octobre.
« La démocratie est le plus mauvais des systèmes à l’exclusion de tous les autres ». C’est en reprenant à son compte cette citation de Winston Churchill que Raphaël Glucksmann a entamé son discours inaugural.
L'eurodéputé a rappelé que « ces dernières années, les démocraties européennes ont été la cible d'attaques coordonnées de l'extérieur, visant à affaiblir nos institutions et à subvertir notre débat public. Nous n'avons tout simplement plus le droit d'être naïfs ». Alors qu'il a mis en avant les ingérences d'acteurs étatiques et para-étatiques qui financent des partis ou des campagnes politiques ou réalisent des cyberattaques, M. Glucksmann n'a, à aucun moment, mentionné la Chine ou la Russie dans son discours.
Interrogé par les médias sur cette omission, M. Glucksmann a expliqué que ces deux pays seraient au cœur des travaux de la commission, mais qu’il pourrait également y avoir d’autres pays concernés. « Systématiser une approche qui se focaliserait uniquement sur ces deux pays serait une erreur, on va traiter de toutes les ingérences qui ont pour but de déstabiliser les processus démocratiques en Europe », a-t-il expliqué.
Au cours de son mandat de douze mois, la commission spéciale va tout d’abord travailler pour « établir un état des lieux des menaces », un « diagnostic », après avoir rencontré les services qui travaillent sur la question, dont les services de sécurité, a expliqué l'eurodéputé. La commission proposera ensuite « des outils pour défendre nos démocraties, faire face aux menaces, mais aussi améliorer le cadre démocratique et du débat en Europe ». « Je pense qu’il n’y aura pas que des mesures défensives proposées par notre commission, mais aussi des mesures préventives qui sont : comment on finance des médias indépendants, l’éducation civique et politique des citoyens européens », a-t-il ajouté.
La commission spéciale n'entend pas perdre de temps. Elle se réunira à nouveau ce jeudi 24 septembre pour rencontrer Nathalie Tocci, conseillère spéciale auprès du Haut Représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Lutz Güllner, chef de la division 'Communications stratégiques et analyse de l'information' du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Vilmos Hamikus, chef de secteur pour la lutte contre les menaces hybrides au SEAE et José Morgado, directeur du Centre de renseignement et de situation de l'UE (INTCEN). (Camille-Cerise Gessant)