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Bulletin Quotidien Europe N° 12561
ÉTAT DE l'UNION / SantÉ

Ursula von der Leyen appelle à tirer les leçons de la Covid-19 et à discuter du partage de compétences sur les questions sanitaires

Le discours sur l'état de l'Union prononcé mercredi 16 septembre par la présidente de la Commission européenne a consacré une large place aux politiques de santé. À cette occasion, Ursula von der Leyen a annoncé son intention de créer une Agence européenne de recherche et de développement biomédicaux avancés, sur le modèle de la BARDA américaine. 

Outre cette proposition, Mme von der Leyen a réaffirmé son intention de renforcer, en 2021, le rôle et les pouvoirs de l'Agence européenne du médicament et du centre de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). 

« Pour moi, c'est une évidence : nous devons construire une Union européenne de la santé qui soit plus forte. Pour commencer à concrétiser cette idée, nous devons maintenant tirer les premiers enseignements de la crise sanitaire », a-t-elle déclaré, alors que le bilan macabre de la pandémie de Covid-19 s'approche inexorablement du million de morts.

Elle a affiché son souhait de discuter des compétences en matière de santé, et ce dans le cadre de la Conférence sur l'avenir de l'Europe. Elle a également exprimé son soutien à une discussion plus large, qui s'étende aux grandes instances internationales comme l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). « L'Europe devrait prendre la tête de ce mouvement », a-t-elle dit. 

Créer une BARDA européenne

L'idée phare de la présidente est de développer une BARDA européenne, comme l'avait notamment réclamé au début de la crise le patron de Sanofi, Paul Hudson. Une telle agence existe déjà aux États-Unis - la BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority) - pour collaborer avec l'industrie en vue d'obtenir et développer un traitement contre la grippe pandémique et les maladies émergentes. La BARDA s'engage souvent à acheter les vaccins même si la pandémie s'estompe, comme ce fut le cas pour Zika et Ebola. 

« Cette nouvelle agence appuiera notre capacité et notre préparation face aux menaces et aux situations d'urgence transfrontalières, qu'elles soient d'origine naturelle ou intentionnelle. Nous avons besoin de réserves stratégiques pour réduire la dépendance de notre chaîne d'approvisionnement, notamment pour les produits pharmaceutiques », a déclaré la présidente de la Commission, alors que le Parlement devait justement voter le rapport de Nathalie Colin-Oesterlé sur les pénuries de médicaments (EUROPE 12527/10).

Poursuivre la coopération mondiale pour l'accès universel à un vaccin

« Le nationalisme vaccinal met des vies en danger. La coopération en matière de vaccins les sauve », a déclaré Ursula von der Leyen. Elle s'est fait le chantre de la coopération mondiale en soulignant que celle-ci devra se poursuivre pour accélérer le déploiement d'un vaccin anti-Covid-19 et le rendre accessible à tous dans le monde entier (EUROPE 12558/7). « Aucun d'entre nous ne sera en sécurité tant que nous ne le serons pas tous, où que nous vivions, quoi que nous ayons. Un vaccin accessible, abordable et sûr est le moyen le plus prometteur au monde pour y parvenir », a-t-elle de nouveau affirmé. 

Dans le même esprit, alors que certains pays tournent le dos au multilatéralisme et à l'OMS en particulier - notamment les États-Unis, qu'elle n'a pas nommés - la présidente de la Commission a annoncé l'organisation, en coopération avec l'Italie, sous présidence italienne du G20, « d'un sommet mondial pour tirer les leçons » de la pandémie de la Covid-19 au niveau mondial.

La douloureuse expérience du budget

En réaction, l'Alliance européenne de la santé publique (EPHA) s'est réjouie que la santé figure enfin en tête des priorités du discours sur l'état de l'Union, dans la mesure où la Covid-19 a exposé la vulnérabilité de nos systèmes de santé. 

Toutefois, l'organisation s'est interrogée sur le soutien qu'apporteraient les États membres aux propositions d'Ursula von der Leyen, après la douloureuse expérience du budget européen. Pour rappel, les dirigeants européens se sont mis d'accord pour limiter l'enveloppe consacrée à la santé à 1,67 milliard, au lieu des 9,37 milliards que proposait la Commission européenne (EUROPE 12533/5). 

Ursula von der Leyen a d'ailleurs évoqué cet aspect, affichant sa reconnaissance à l'égard du Parlement européen « prêt à se battre pour obtenir davantage de fonds et pour remédier aux coupes budgétaires opérées par le Conseil européen ».

Lire le discours sur l'état de l'Union : https://bit.ly/3iBviKK  (Sophie Petitjean et Aminata Niang)

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