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Bulletin Quotidien Europe N° 12535
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INSTITUTIONNEL / DÉmocratie

Le CMPF enregistre des reculs préoccupants en matière de pluralisme et de liberté des médias dans l'UE

Le Centre pour le pluralisme et la liberté des médias (CMPF) a publié, jeudi 23 juillet, un rapport (Media Pluralism Monitor 2020) préoccupant : qualifié de « signal d’alarme » par la vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, ce dossier détaille sur près de 200 pages les risques pour le pluralisme des médias observés, en 2018 et en 2019, dans les États membres de l'UE ainsi qu'au Royaume-Uni, en Albanie et en Turquie.

Il apparaît tout d’abord que la 'protection de base' des journalistes s’est détériorée depuis la publication du dernier rapport du CMPF, en 2017.

Les mauvaises conditions de travail des journalistes, la protection insuffisante des lanceurs d'alerte et le nombre croissant de menaces auxquelles ils sont soumis sont présentés comme trois des principaux risques observés en la matière dans l’ensemble des États évalués.

« Il est inquiétant de constater que les menaces à l'encontre des journalistes proviennent souvent des responsables politiques », souligne également le texte.

Le rapport épingle en outre le manque de transparence des plateformes en ligne dans la justification de leurs politiques de modération de contenu : une lacune présentée comme la principale source de risques menaçant la protection de la liberté d'expression sur la toile.

« La sécurité numérique est devenue une préoccupation majeure pour les journalistes », détaille encore le rapport, faisant notamment allusion aux cas de harcèlement en ligne - dont les femmes journalistes sont les premières victimes, précise-t-il.

Le CMPF déplore également des menaces économiques croissantes pour le pluralisme des médias. Les risques liés à l'influence commerciale et à l'influence des actionnaires sur le contenu éditorial ont également augmenté depuis 2017. Seuls cinq pays (le Danemark, la France, l'Allemagne, le Portugal et les Pays-Bas) présentent un 'risque faible' sur ce point, les 25 autres étant considérés à 'moyen' ou 'haut' risque.

La situation s'est également dégradée en matière d'inclusivité : l'accès des minorités et des femmes aux médias demeure difficile. Le rapport souligne notamment que les femmes continuent d'être fortement sous-représentées dans la gestion des médias. Elles sont bien moins nombreuses parmi les experts dans le paysage médiatique, et ce, dans les 30 pays évalués.

Même bilan négatif, enfin, pour l'indépendance politique. La Bulgarie, la Hongrie, Malte, la Pologne, la Roumanie, la Slovénie et la Turquie font figure de mauvais élèves en la matière.

Mercredi 22 juillet, le rédacteur en chef du site d'information hongrois Index, Szabolcs Dull, a ainsi été licencié après avoir indiqué, le mois dernier, faire l'objet de pressions extérieures.

Ce vendredi, plus de 70 journalistes de la rédaction ont donné leur démission, jugeant « inacceptable » la décision prise à l'encontre de leur rédacteur en chef par le président du conseil d'administration d'Index, László Bodolai.

La Commission, qui s'est dite résolue à œuvrer pour de meilleures conditions de travail des journalistes, a assuré que les résultats du rapport (https://bit.ly/2BvCIyU ) alimenteraient son plan d'action pour la démocratie, attendu pour la fin de l'année. (Agathe Cherki)

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