Allant au-delà des habituelles inquiétudes, les présidents de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Conseil européen, Charles Michel, ont annoncé, mardi 30 juin, qu’ils allaient mener des consultations afin de voir quelles réponses apporter à l’adoption de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.
« Nous restons en contact avec nos partenaires internationaux et nous allons porter une attention particulière à la manière de répondre » à la décision chinoise, a expliqué Mme von der Leyen, interrogée sur le sujet à l’issue du sommet virtuel entre l’UE et la Corée du Sud (voir autre nouvelle). Elle a ajouté que la Commission allait évaluer la situation « en coopération étroite avec les autres institutions européennes ». De son côté, M. Michel a prévenu que la décision chinoise, qu’il « déplore », nécessitait « une forte coordination entre les États membres afin de voir ce que nous allons faire dans un avenir proche ».
En dehors de possibles mesures, la présidente de la Commission a rappelé que la Chine risquait de faire face à des conséquences négatives avec cette loi, y compris concernant la confiance des entreprises, sa réputation ou la perception du public à son encontre. 50% des investissements européens en Chine transitent par Hong Kong et 1 600 entreprises européennes y sont actives.
Le 18 juin, le Parlement européen avait appelé à des mesures à l’encontre de la Chine en cas d’adoption définitive de la loi (EUROPE 12509/6).
Les deux présidents ont une nouvelle fois prévenu que cette loi risquait de miner sérieusement le degré d’autonomie de Hong Kong et d’avoir un effet préjudiciable sur l’indépendance judiciaire et l’État de droit (EUROPE 12511/1). Selon Mme von der Leyen, cette loi n’est conforme ni à la loi fondamentale ni aux engagements internationaux de la Chine. « Les droits et libertés existants pour les résidents de la cité-État devraient être pleinement respectés », a-t-elle ajouté. 350 000 citoyens européens vivent à Hong Kong. (Camille-Cerise Gessant)