Le ministre australien du Commerce, Simon Birmingham, et la directrice exécutive du secrétariat de l'APEC, Rebecca Fatima Sta Maria, ont débattu, jeudi 30 avril, de l'impact de la crise du Covid-19 sur le commerce et les chaînes d'approvisionnement internationaux, à l'invitation de l’institut de recherche Bruegel. Au cours de cet échange, les participants ont largement souligné leur attachement à un système commercial multilatéral et ouvert, organisé autour de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en son centre.
Néanmoins, en cette période de pandémie, les interventions étatiques sur les échanges internationaux ont rompu les chaînes de valeur internationales, malmenant l'idée d'interdépendance mondiale.
Ces mesures, prises pour répondre à la pandémie de Covid-19, doivent être encadrées par des disciplines et rester de nature temporaire, a prévenu notamment Mme Sta Maria. Toutefois, tant qu’aucun vaccin ne sera disponible, ces dispositions pourront être indéfiniment prolongées, se sont inquiétés les participants.
L’OMC peut-elle faire face ? Sa tâche est rendue plus complexe par le nombre et la pluralité de ses membres, a souligné le professeur André Sapir, chercheur à Bruegel. Peut-être l’occasion de multiplier, en son sein, les solutions plurilatérales, ce que promeut d’ailleurs la Commission européenne.
Finalement, si les parties sont tombées d’accord sur le fait que les ambitions climatiques mondiales ne doivent pas être mises à mal à cause de la crise liée au coronavirus, en particulier dans le secteur des transports, « on est parti pour un débat sérieux » sur les pistes visant à concilier agenda commercial et climatique, a prévenu M. Sapir.
« Le climat, comme le Covid, nécessite une coopération internationale », a-t-il souligné, appelant à « un nouveau type de coopération » sur ces questions. (Hermine Donceel)