Les partenaires sociaux européens (Confédération européenne des syndicats, BusinessEurope, CEEP, et SMEunited) ont cosigné une déclaration, lundi 16 mars, dans laquelle ils exhortent les ministres de l’Eurogroupe et du Conseil ‘Affaires économiques et financières’ (ECOFIN) à approuver « sans délai » les mesures proposées par la Commission européenne vendredi 13 mars (EUROPE 12446/1).
Les partenaires sociaux égrainent dans la foulée toute une série de recommandations qui font écho aux mesures de la Commission. Ils réclament notamment la pleine utilisation « temporaire » de la flexibilité prévue par le Pacte de stabilité et de croissance, « y compris l’examen de sa suspension temporaire par le recours à la clause dérogatoire générale » (general escape clause – EUROPE 12446/1). Ils souhaitent la même chose pour les règles européennes afférentes aux aides d’État.
Ils demandent que toute distorsion du marché unique soit évitée en endiguant les interdictions et les restrictions à l’exportation d’équipements médicaux et de médicaments et en mettant un terme à la fermeture des frontières pour les marchandises. Dans ce cadre, ils insistent sur la sauvegarde de « tous les modes de transport de marchandises ».
Pour ce qui est des États membres, ils encouragent ces derniers à renforcer le personnel, équipement et moyen des services de santé nationaux et soutiennent la possibilité pour ce faire de mobiliser les fonds structurels et les autres fonds européens (EUROPE 12446/2). Ils préconisent cette mobilisation aussi afin de garantir une aide financière aux travailleurs (y compris ceux atypiques et indépendants) touchés par le chômage technique et pour aider les entreprises (en particulier les PME). Ils attendent en outre une intervention véritablement coordonnée de l’Union européenne, la Banque centrale européenne et la Banque européenne d’investissements.
Fin des coupes dans les indemnités maladie. La semaine dernière, la Confédération européenne des syndicats s’était inquiétée de l’impact des coupes budgétaires dans les indemnités maladie à travers les États membres depuis 2008.
Vingt-deux États membres ont dépensé moins par personne en prestations de maladie dans les cinq années qui ont suivi la crise financière que dans les cinq années qui l'ont précédée, notent-ils, avec en tête la Grèce (-7,2% par an), suivie de l’Espagne (-2,3%), Chypre (-1,9%), l’Irlande (-0,9%) et l’Italie.
Pour les syndicats, ce phénomène a pour conséquence de forcer les personnes malades à continuer à travailler, car elles ne peuvent se permettre de perdre leur revenu, voire de risquer de perdre leur emploi, ce qui peut accélérer la propagation du coronavirus.
Pour consulter la déclaration des partenaires sociaux : http://bit.ly/38RHJw7
Pour consulter la résolution des syndicats sur les indemnités maladie : http://bit.ly/3b16Xts (Pascal Hansens)