Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a réitéré, lundi 16 mars, six ans après l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol par la Russie, la condamnation par l’UE de cette « violation du droit international ».
Cette annexion « demeure un défi direct à la sécurité internationale, avec de graves implications pour l'ordre juridique international qui protège l'intégrité territoriale, l'unité et la souveraineté de tous les États », souligne le Haut Représentant dans une longue déclaration au nom de l’UE.
L’Union est donc déterminée à mettre pleinement en œuvre sa politique de non-reconnaissance, y compris par des mesures restrictives (EUROPE 12279/21), prévient M. Borrell, qui précise que l’UE ne reconnaissait pas, pas plus qu’elle ne le ferait à l’avenir, la tenue d'élections par la Russie dans la péninsule de Crimée (EUROPE 12323/18). Le Haut Représentant appelle une nouvelle fois les États membres des Nations unies à envisager des mesures de non-reconnaissance similaires à celles de l'UE, conformément à la résolution 68/262 de l'Assemblée générale de l’ONU.
Dans sa déclaration, M. Borrell fait un point sur la situation en Crimée, d’un point de vue militaire, économique ou de droits de l’homme. Il dénonce donc la « militarisation croissante de la péninsule » et l’imposition aux résidents de Crimée de la citoyenneté russe et la conscription dans les forces armées russes, « en violation du droit humanitaire international ».
De plus, l’UE condamne à nouveau la construction du pont de Kertch sans le consentement de l'Ukraine (EUROPE 12021/26), qui participe à une intégration « forcée » de la péninsule à la Russie et appelle cette dernière à garantir le libre passage de tous les navires dans le détroit de Kertch à destination et en provenance de la mer d'Azov, conformément au droit international.
La situation des droits de l'homme dans la péninsule s'est considérablement détériorée depuis l’annexion, notamment les droits de Tatars, s’inquiète également le chef de la diplomatie européenne. Il demande le plein respect des normes internationales en matière de droits de l'homme, y compris la fin des pressions exercées sur la communauté tatare et que les violations et abus en matière des droits de l’homme fassent l’objet d’enquêtes approfondies. Les acteurs régionaux et internationaux des droits de l’homme doivent avoir un accès sans entrave à la Crimée et à Sébastopol, ajoute M. Borrell. Le Haut Représentant appelle également à la libération de toutes les personnes détenues dans la péninsule de Crimée et condamnées en violation du droit international.
Enfin, selon M. Borrell, la Russie doit cesser de modifier la structure démographique de la population en transférant sa propre population civile dans la péninsule.
Voir la déclaration (en anglais) : http://bit.ly/33xyrVn (Camille-Cerise Gessant)