Au lendemain d’une réunion avec quelques-uns de ses homologues européens (EUROPE 12433/8), le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, a accueilli, mercredi 26 février à Rome, la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, la directrice du Centre européen de prévention et contrôle des maladies (CEPCM), Andrea Ammon, ainsi que le directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe, Hans Kluge.
Tous quatre se sont accordés à dire que l’UE devait être prête à faire face à une hausse des infections et ont présenté à la presse une série de mesures et détaillé diverses recommandations.
Les intervenants ont notamment insisté sur l’importance de bien communiquer avec la population et plus particulièrement avec les professionnels de santé « en première ligne ».
Ainsi, une évaluation quotidienne des risques du Covid-19 est mise en ligne chaque jour sur le site du CEPCM. Et « des brochures d'information pour les citoyens et les professionnels de santé, que les États membres pourront adapter aux situations locales, seront disponibles cette semaine », a assuré Mme Ammon.
À l'issue de cette réunion, la Commission s'est par ailleurs engagée à élaborer un formulaire d'information pour les voyageurs revenant d'une zone à risque ou s'y rendant.
« La Commission a engagé plus de dix millions d'euros pour financer la recherche sur le traitement et le diagnostic du Covid-19 », a déclaré la commissaire à la Santé. « Lundi, nous avons annoncé l'octroi de 90 millions supplémentaires dans le cadre du partenariat entre l’UE et l’industrie pharmaceutique, l'Innovative Medicines Initiative », a-t-elle ajouté.
Les États membres ont déjà été appelés à revoir leurs plans de lutte contre les cas de pandémie ainsi que leurs capacités sanitaires, a par ailleurs rappelé la commissaire.
Une coordination internationale est essentielle
Les différents intervenants ont par ailleurs largement insisté sur la nécessité d’une coordination internationale accrue, étant donné le peu de connaissances dont disposent les autorités sanitaires sur le virus.
« Il s'agit d'un nouveau virus et nous devons apprendre ce que nous pouvons de la situation en Italie, s'agissant de la gravité de la maladie, de ceux qu'elle affecte et de la façon dont elle se transmet. Il est très important désormais de collecter les informations de façon standardisée », a indiqué Mme Ammon.
Elle a par ailleurs assuré que le CEPCM était en contact permanent avec ses partenaires internationaux, tels que l’OMS et les Centres pour le contrôle des maladies en Chine, aux États-Unis, au Canada et en Afrique.
De même, pour la commissaire à la Santé, « l'échange d'informations en temps réel et la coordination des mesures entre États » sont essentiels pour faire face efficacement et de façon cohérente à l’épidémie. « Cette épidémie met à l'épreuve le mécanisme mondial d'intervention d'urgence dont nous disposons aujourd'hui, mais aussi notre capacité à coopérer au sein de l'UE », a-t-elle souligné.
Ne pas se laisser gagner par la panique, la division et la désinformation
La commissaire Kyriakides a donc naturellement insisté sur la nécessité de rester unis et d’« éviter les approches divergentes au sein de l’UE », précisant que la Commission se tenait prête à assurer cette coordination, « si besoin ».
Mme Kyriakides a par ailleurs salué la décision des ministres européens de la Santé, présents la veille à Rome, de garder les frontières ouvertes, se félicitant qu’ils ne recourent pas à ce qui s’apparenterait pour l’heure, selon elle, à « des mesures disproportionnées et inefficaces ».
« C'est une situation préoccupante, mais nous ne devons pas céder à la panique », a-t-elle mis en garde. Même recommandation de la part de M. Kluge. Ce dernier a assuré que l’OMS prenait la situation très au sérieux et a souligné que, jusqu’ici, quatre patients infectés sur cinq étaient guéris.
Il a par ailleurs appelé les citoyens à ne faire confiance qu'à des sources d’information fiables et à éviter la stigmatisation et la discrimination.
Interrogés à l’issue de la conférence sur de possibles traitements et sur un vaccin, les intervenants ont confirmé qu’aucun remède n’avait pour l’heure été trouvé. « Mais différents essais cliniques sont en cours », a insisté Hans Kluge, précisant qu'il faudrait toutefois certainement compter un an et demi avant qu'un vaccin soit mis au point. Pour les médicaments, les essais cliniques sont en cours et les résultats devraient arriver au printemps.
En outre, le Parlement européen a pris la décision d'annuler les stages, au sein de l'institution, des étudiants originaires de quatre régions italiennes (Émilie-Romagne, Lombardie, Vénétie, Piémont) ainsi que de Chine, de Singapour et de Corée du Sud, rapporte Radio Radicale. (Agathe Cherki – stage)