Alors que plusieurs nouveaux cas de personnes infectées par le virus Covid-19 étaient signalés en Europe, les ministres de la Santé des pays limitrophes de l'Italie, État membre de l'Union européenne le plus touché par l'épidémie, se sont réunis à Rome, mardi 25 février, pour dégager une ligne d'action commune.
Des déclarations consécutives à une série de réunions à Rome impliquant l'OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) sont attendues ce mercredi.
Mardi, en fin d'après-midi, l’Italie comptait sept régions touchées, dont la Toscane et la Sicile, tandis que la Croatie, l’Autriche, l'Espagne et la Suisse ont fait face à leurs premiers cas avérés.
L'une des conséquences de l'épidémie au niveau européen pourrait être la prise de mesures remettant en cause le principe de libre circulation des personnes au sein de la zone Schengen afin d'enrayer la contagion.
« À ce stade, aucun État membre n'a communiqué son intention de réintroduire des contrôles à ses frontières » au sens du code 'Schengen', a indiqué Dana Spinant, porte-parole adjointe de la Commission. Elle a précisé que la Commission avait néanmoins entamé un dialogue avec les États membres sur cette question pour échanger des informations et « promouvoir une approche coordonnée ».
Signe de la tension croissante, mardi, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, est monté au créneau, estimant qu'« il serait injuste que des États étrangers imposent des limitations », a rapporté l'AFP.
La principale organisation italienne de producteurs agricoles (Coldiretti) a également fortement critiqué la mesure prise par les autorités roumaines imposant à ses ressortissants d'observer une période de quarantaine lorsqu'ils proviennent de Lombardie et de Vénétie, les Roumains représentant le plus fort contingent - plus de 100 000 personnes - de travailleurs agricoles présents en Italie.
Parmi d'autres mesures prises figure la décision de Bulgaria Air d'annuler ses vols de Milan à Sofia jusqu'à fin mars. L'Irak et le Koweït interdisent l'entrée sur leur territoire aux voyageurs en provenance d'Italie, une mesure déjà prise pour des voyageurs en provenance d'autres pays asiatiques.
Lundi, le comité européen de sécurité et de santé, qui réunit les experts des États membres, a fait le point sur la situation. L'Italie a notamment informé ses partenaires européens de l'évolution de l'épidémie sur son territoire et a promis de continuer de le faire, notamment concernant les stations de sports d'hiver.
« Plusieurs pays mettent à jour leurs recommandations en matière de déplacement dans les zones à risque et un pays [la France, NDLR] demande à ses citoyens qui en reviennent de le faire savoir aux autorités et d'observer une période de quarantaine de 14 jours », indique le compte-rendu de la réunion du comité.
Afin d'éviter « les pénuries » dans les États membres, « il est impératif de lancer des achats groupés afin de garantir aux patients et au personnel médical l’approvisionnement nécessaire en matériel », a souligné Nathalie Colin-Oesterlé (PPE, française), dans un communiqué, en référence à une initiative annoncée par la Commission mi-février, lors du Conseil 'Santé' (EUROPE 12425/1).
Selon le comité européen, les États membres avaient jusqu'à lundi soir pour faire part de leurs besoins à la Commission.
Voir le compte-rendu de la réunion du comité européen : http://bit.ly/2VppNGb
Mesures prises par les institutions européennes. Les institutions européennes ont pris de nouvelles mesures pour limiter les déplacements de leur personnel qui aurait visité les zones à risque dans le cadre de déplacements personnels ou professionnels.
À la Commission, outre les mesures déjà prises, les fonctionnaires européens ayant visité onze villes ou villages de Lombardie (Bertonico, Casalpusterlengo, Castelgerundo, Castiglione d'Adda, Codogno, Fombio, Maleo, San Fiorano, Somaglia et Terranova dei passerine) ou de Vénétie (Vò) considérés comme l'épicentre de l'épidémie devront rester chez eux pendant deux semaines et prendre leur température deux fois par jour.
Selon une source interne à la Commission, le nombre de personnes concernées serait très limité.
Le Parlement européen a demandé à son personnel ayant voyagé dans les régions italiennes de Lombardie, du Piémont, de l'Émilie-Romagne et de la Vénétie, ainsi qu'en Chine, à Singapour et en Corée du Sud, d'observer une période de quarantaine de 14 jours à leur domicile et de ne retourner travailler dans l'institution européenne qu'après le feu vert de leur médecin généraliste.
Voir la lettre du PE et son actualisation adressée à son personnel : http://bit.ly/2viX4s3 et http://bit.ly/2PmYsRl
L'industrie pharmaceutique en action. Mardi, la Fédération européenne des associations de l'industrie pharmaceutique (EFPIA) a annoncé que ses membres, notamment Bayer, Roche and Genentech, Sanofi ou encore Johnson & Johnson, s’engageaient dans la lutte contre le coronavirus, notamment en soutenant financièrement les organisations sur le terrain européennes et chinoises ainsi que les autorités sanitaires internationales (dont l'OMS).
Elle a aussi fait savoir qu’elle compte accélérer, par le biais de ses membres, la recherche collaborative en identifiant tous les actifs qui pourraient être utilisés pour développer des diagnostics, des vaccins et des traitements. (Mathieu Bion avec Pascal Hansens)