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Bulletin Quotidien Europe N° 12433
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POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie/climat

émissions de méthane, récolter davantage de données est la priorité, selon Monika Zsigri

Afin de lutter efficacement contre les fuites de méthane, l’Union européenne doit tout d’abord œuvrer à récolter davantage de données sur ces émissions, a estimé Monika Zsigri, une représentante du département 'Énergie' de la Commission européenne (‘DG ENER’), mardi 25 février, lors d’un séminaire en ligne organisé par la ‘Florence School of Regulation’ (FSR).

Tout en réaffirmant que la DG ENER travaille sur une stratégie pour traiter les émissions de méthane liées à l’énergie, Mme Zsigri a ainsi indiqué que la première étape consistera à améliorer le contrôle, la notification et la vérification des émissions de méthane. 

Si elle a assuré que le manque actuel de données n’était pas une raison pour ne pas agir, Mme Zsigri est néanmoins restée très évasive sur les mesures concrètes envisagées par la Commission pour lutter contre les émissions de méthane.

L’approche de la Commission demeure floue. Même si le document de la Commission présentant le Green Deal mentionne brièvement le méthane à deux reprises, le programme de travail publié par la Commission pour l’année 2020 ne contient aucune référence à ce gaz.  

Du côté de l’ONG ‘Environmental Defense Fund’ (EDF), cette absence de référence au méthane interroge. « J’espère que cela signifie que la stratégie sur le méthane a été inclue comme partie intégrante du ‘paquet intégration sectorielle’ [‘Strategy for smart sector integration’, une initiative non législative prévue pour le deuxième quadrimestre de 2020] », a ainsi confié à EUROPE Poppy Kalesi, directrice de l’EDF.

Et de rappeler ensuite que l’article 16 du règlement de l’UE sur la gouvernance de l’Union de l’énergie (2018/1999) prévoit que la Commission devrait « étudier des options stratégiques pour lutter rapidement contre les émissions de méthane et présenter un plan stratégique de l’Union pour le méthane ».

Interrogée par EUROPE, la Commission nous a affirmé qu’elle prévoyait de présenter ce plan stratégique cette année, mais que le calendrier et la forme exacte du plan n’ont pas encore été confirmés.  

L’ampleur des émissions d’origine anthropique fait débat. La situation est préoccupante. Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les émissions de méthane ont un pouvoir de réchauffement global (PRG)’ à 100 ans de l’ordre de 30 fois celui du CO2.

Actuellement, le méthane serait ainsi responsable d’environ un tiers de l’effet de serre et représenterait environ 10% des émissions totales de gaz à effet de serre de l’UE.

Or, s’il est largement admis que l’extraction et l’utilisation de combustibles fossiles sont parmi les plus importantes sources anthropiques d’émissions de CH4, l’ampleur précise des fuites de méthane intervenant tout au long du processus d’exploitation de ces combustibles continue de faire débat.

Pour preuve, dans un rapport publié le 19 février, des chercheurs de l’université de Rochester (États-Unis) affirment que la quantité de méthane émise dans l’atmosphère du fait de l’exploitation des combustibles fossiles a été largement sous-estimée.

Leur étude indique ainsi que les niveaux de méthane fossile naturellement libéré – qui ne sont donc pas liés à l’exploitation par l’homme des combustibles fossiles – sont environ dix fois inférieurs à ce que de précédentes estimations avaient conclu. Par conséquent, les chercheurs estiment que les émissions de méthane causées par l’industrie fossile ont été sous-estimées d’environ 25 à 40 %. (Damien Genicot)

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