La Commission mixte du Plan d'action global (JCPOA) sur le nucléaire iranien a annoncé, mercredi 26 février, à l’issue de sa réunion à Vienne, que les experts avaient été chargés de faire avancer les discussions sur l’accord et les suites du déclenchement du mécanisme de résolution des différends par trois pays européens : l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.
« Dans le prolongement de la déclaration du Haut Représentant du 24 janvier (EUROPE 12411/9), les participants ont passé en revue les discussions au niveau des experts qui ont eu lieu sous différentes formes au cours des dernières semaines, tant sur les questions de mise en œuvre du nucléaire que les répercussions plus larges du retrait des États-Unis du JCPOA et de la réimposition des sanctions et des avantages découlant de la levée des sanctions », précise la déclaration de la présidente de la réunion, la secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure, Helga Schmid. « Des experts ont été chargés de faire avancer ces discussions », ajoute-t-elle.
« Tous les participants sont lancés ici dans une course contre le temps afin de trouver une solution spécifique pour sauver le JCPOA », a expliqué l'ambassadeur chinois auprès des organisations internationales à Vienne, Wang Qun, cité par l’AFP.
Lors de la réunion, les représentants de l’UE, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Chine (soit les E5) et de l’Iran ont notamment discuté des mesures iraniennes pour réduire ses engagements dans le cadre du JCPOA. « De graves préoccupations ont été exprimées concernant la mise en œuvre des engagements nucléaires de l'Iran au titre de l'accord », souligne la déclaration de Mme Schmid. Selon elle, tous les participants ont mis en avant « l'importance de préserver l'accord ».
« Nous restons ouverts à toute initiative pouvant garantir à l'Iran les retombées de l'accord (…) Nous sommes totalement prêts à revenir, en échange, sur les décisions que nous avons prises jusqu'à présent contre le plein respect des engagements des autres parties », a précisé le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, selon l’AFP. Et d'ajouter que « le JCPOA est toujours vivant ».
Si l’E5 et l’Iran ont salué « l'évolution positive du traitement des premières transactions par l'INSTEX », ils ont reconnu l'importance de renforcer encore l'instrument de soutien aux échanges commerciaux. Aucune transition n’aurait encore été effectuée via l'INSTEX.
Les participants ont également réitéré leur « ferme soutien et leur responsabilité collective » pour la poursuite des projets essentiels de non-prolifération nucléaire et souligné les efforts continus de la Chine et du Royaume-Uni pour faire avancer le projet de modernisation d'Arak. Ils ont aussi apporté leur soutien aux travaux de la Russie en vue de poursuivre la mise en œuvre du projet d'isotopes stables à Fordow. (Camille-Cerise Gessant)