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Bulletin Quotidien Europe N° 12419
INSTITUTIONNEL / Budget

La Suède justifie le besoin de conserver les ristournes budgétaires sur la période 2021-2027

Stefan Löfven, le Premier ministre suédois, a justifié, mercredi 5 février à Bruxelles, le besoin de conserver, sur la période 2021-2027 du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE, les ristournes ou corrections budgétaires (EUROPE 12416/2).

Avant la tenue d’un Conseil européen extraordinaire sur le prochain CFP, le 20 février, et la présentation d’un projet de compromis sur ce dossier très délicat, le président du Conseil européen, Charles Michel, a, cette semaine, une série d’entretiens avec certains chefs d’État ou de gouvernement afin de sonder les lignes rouges des dirigeants de l’UE.

La qualité plutôt que la rapidité. Interrogé sur les chances de trouver un accord lors du Conseil européen du 20 février, M. Löfven a indiqué : « Les pays sont trop éloignés (les uns des autres) pour le moment, il n'y a aucune raison pour nous de retarder un processus, mais le plus important est le résultat. Je préfère aller un peu plus lentement pour obtenir un bon résultat plutôt que d'aller vite et d'obtenir un mauvais résultat ».

Après sa rencontre avec Charles Michel, le 3 février, Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, a estimé qu’il serait bon d'arriver à une décision dès le Conseil européen du 20 février, mais que « la qualité du budget est plus importante que la date de son adoption ».

La guerre des rabais. Les rabais sont nécessaires à l’avenir, a défendu le Premier ministre suédois, car, en 2020, cinq pays ‘contributeurs nets’ contribueront à hauteur de 50% au montant net du budget de l’UE. « Si cela continue comme cela jusqu'en 2027, ces pays contribueront à hauteur de 75% et nous ne pouvons pas avoir une telle situation, ce n’est pas possible », a-t-il lancé. « Il faut donc maintenir à l’avenir des rabais ou mécanismes correcteurs ».

À l’inverse, un groupe de 18 États membres (Bulgarie, Chypre, République tchèque, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie, Slovaquie et Espagne) prône la fin des rabais, avec le départ du Royaume-Uni de l’UE.

C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Viktor Orbán lors de sa rencontre avec M. Michel, jugeant « injuste » le système actuel des rabais.

Le Premier ministre estonien, Jüri Ratas, a reconnu, mardi 4 février, que les négociations pourraient se prolonger au-delà du Conseil européen des 20 et 21 février. L’Estonie et la Lituanie demandent notamment que les paiements directs des agriculteurs baltes rattrapent le niveau de la moyenne de l’UE (266 euros par hectare dans l'UE, contre 181 pour les agriculteurs de Lituanie).

Les dirigeants de l’UE sont divisés surtout sur le montant total du budget de l’UE, le groupe des pays dits « frugaux » (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche…) réclamant de ne pas dépasser la limite de 1% du revenu national brut (RNB) de l’UE sur la période 2021-2027.

Quinze États membres, identifiés en tant qu'‘amis de la cohésion’, ont indiqué qu’ils n’accepteraient pas des réductions importantes des crédits de la politique de cohésion. Le Premier ministre portugais, António Costa, qui a rencontré M. Michel le 5 février pour évoquer le CFP, a remis au président du Parlement européen, David Sassoli, la 'déclaration de Beja' des pays 'amis de la cohésion' (EUROPE 12417/2). 

M. Michel a également eu des entretiens bilatéraux, le 5 février, avec le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte.

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a défendu, mercredi, des budgets forts pour les fonds structurels et des « paiements directs à nos petits et moyens agriculteurs ». « Nous avons besoin de budgets ambitieux » pour atteindre les objectifs de l'Union, a-t-il ajouté. (Lionel Changeur)

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