En vertu de décisions d'interdiction adoptées par la Commission européenne lundi 3 février, la Roumanie et la Lituanie ne pourront plus accorder indûment des autorisations d'urgence pour les trois pesticides néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame) tueurs d'abeilles qui font l'objet de restrictions d'utilisation dans l'UE depuis 2013.
La Roumanie et la Lituanie ont accordé à plusieurs reprises des autorisations d'urgence pour permettre l'utilisation de ces substances afin de lutter contre certains parasites sur des cultures spécifiques, autorisations que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne considère pas comme justifiées.
L’article 53 du règlement européen 'Pesticides' concernant l’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques prévoit, certes, la possibilité de dérogations via la clause d'autorisation d'urgence, mais à des conditions très strictes et dûment justifiées par l'absence de solutions alternatives.
« Le Pacte vert pour l’Europe souligne que la durabilité de la chaîne alimentaire est une priorité pour l'UE et nous ne pouvons pas accepter que les États membres continuent à utiliser des pesticides qui nuisent à l'environnement et à la biodiversité alors que des alternatives sont disponibles », commente la commissaire Stella Kyriakides, dans un communiqué.
Le recours abusif à ces autorisations d'urgence a été dénoncé par le Parlement, les ONG et la Commission précédente, laquelle avait écrit à plusieurs États membres qui en sont coutumiers (EUROPE 12370/4, 12059/12). (Aminata Niang)