Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a émis des doutes, dimanche 2 février, quant au « soi-disant plan de paix américain » pour le Proche-Orient, présenté le 28 janvier (EUROPE 12414/12).
« Le plan américain remet en question bon nombre des paramètres convenus au niveau international : la frontière de 1967, comme convenu par les deux parties, avec un État d'Israël et un État de Palestine indépendant et viable, vivant côte à côte, dans la paix, la sécurité et la reconnaissance mutuelle », a-t-il estimé lors d’un point presse avec le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, à Amman. La Jordanie, par la voix de son roi, avait émis des réserves sur ce plan.
Soulignant que les 50 dernières années avaient montré que, sans accord entre toutes les parties, aucun plan de paix n'avait de chance de réussir, M. Borrell a appelé les deux parties à revenir à la table des négociations afin de trouver une solution durable.
Il s'est dit « sûr » que l’UE et la Jordanie partageaient les mêmes positions, « qui ne peuvent se résumer à dire ‘ça ne marche pas’ ». « Nous devons dire ce qui va marcher. Nous avons besoin de solutions qui puissent être acceptées par les deux parties dans ce conflit de longue durée », a insisté le Haut Représentant.
M. Borrell a aussi rappelé le rôle « très particulier » de la Jordanie dans les efforts visant à résoudre le conflit, « notamment en ce qui concerne Jérusalem et en tant que gardienne des Lieux saints ». Il a ajouté partager avec les autorités jordaniennes l'engagement en faveur d'une solution à deux États et du respect du droit international. (Camille-Cerise Gessant)