À l'heure où l'OMS était en réunion d'urgence, jeudi 30 janvier, après avoir déjà appelé « le monde entier à agir » contre l'épidémie de coronavirus chinois, qui a fait 170 morts en Chine, l'UE continuait de mettre en œuvre l'approche coordonnée de la réponse européenne, soutenue par le Parlement.
Le commissaire à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, devait rencontrer les autorités françaises à Paris et exprimer la gratitude de l'UE pour l'aide au rapatriement de citoyens européens. « Le premier avion est parti à l’aube » avec 300 citoyens européens à bord, a confirmé un porte-parole de la Commission, jeudi.
Lors d'un débat, mercredi soir, les eurodéputés se sont en majorité félicités du bon échange d'informations entre les États membres pour la préparation et la réaction de l'UE, dans le cadre de l'approche que leur ont détaillée la Commission et la Présidence croate (EUROPE 12414/8).
« Les virus ne connaissant pas de frontières », tous ont reconnu la nécessité d'adopter des mesures pour une réponse unitaire et solidaire, en coopération avec l'OMS. Eu égard aux incertitudes sur cette nouvelle forme du virus et son mode de transmission, il convient, selon eux, de faire preuve de « prudence », sans toutefois créer la panique. La grippe tue en Europe, ont-ils rappelé.
Peter Liese (PPE, allemand) a estimé que « la contamination au sein de l'UE par une personne infectée en Allemagne » incitait néanmoins à la vigilance. Il a plaidé pour « des recommandations communes à l'échelle de l'UE » qui pourraient être utiles, en particulier dans les zones frontalières. Il a aussi lancé un appel aux autorités chinoises pour qu'elles fassent preuve de transparence.
« Nous devons nous concentrer sur les bonnes pratiques et avoir une coopération mondiale », a estimé Jytte Guteland (S&D, suédoise), rappelant l'expérience acquise lors de l'épidémie de SARS en 2000. Kateřina Konečná (GUE/NGL, tchèque) a renchéri en prônant le dépistage dans les aéroports, bien connu des gouvernements.
Véronique Trillet-Lenoir (Renew Europe, française) a salué le suivi et la coordination de la situation par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'activation du mécanisme de protection civile par la France « pour le rapatriement des citoyens de mon pays ».
« Arrêtons de nous faire peur et de stigmatiser la communauté chinoise et asiatique », a lancé Michèle Rivasi (Verts/ALE, française). Rappelant qu'en France, 600 à 700 personnes par an meurent de formes de coronavirus, elle a préconisé que l'UE se concentre sur la politique de recherche, de coopération et de bonne information des citoyens.
Partisane de la seule coopération avec l'OMS pour trouver un vaccin, Silvia Sardone (ID, italienne) a fustigé un manque d'unité entre les États membres en matière de rapatriement de leurs citoyens ou de décisions de suspendre les vols vers la Chine. Et d'ironiser sur l'absence d'un cordon sanitaire contre « un vrai virus ».
Mercredi, la Commission a accepté que la Suisse soit associée au système de préalerte et de réponse, pour la durée de la crise. (Aminata Niang)