L'UE est prête à fournir toute l'aide requise à la Chine, si elle le souhaite, et tout le soutien nécessaire aux États membres pour éviter la propagation du nouveau coronavirus. Cela a été confirmé mercredi 29 janvier, à l'issue de la réunion du Collège des commissaires, qui a fait le point de la situation (EUROPE 12413/16).
Mercredi matin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé le Premier ministre chinois, Li Keqiang, pour lui faire part de cette offre d'assistance.
« La santé publique relève de la compétence des États membres, mais l'UE coordonne. C’est ce que nous avons fait dès le début en mobilisant le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) », a déclaré la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, en conférence de presse.
« Ma priorité reste de m’assurer que nous apportions tout le soutien nécessaire aux États membres pour avoir un état de préparation et de réaction suffisant pour éviter la propagation du virus », a-t-elle précisé.
Pour l'heure, huit cas ont été confirmés : quatre en France et quatre en Allemagne, « mais la situation est en constante évolution », a tenu à souligner la commissaire. Elle a indiqué être en contact permanent avec les ministres français et allemand de la Santé, qui lui ont assuré avoir pris toutes les dispositions pour ces personnes malades. En outre, un traçage des personnes en contact avec les personnes infectées est en cours.
« Un Conseil 'Santé' devrait être réuni le plus rapidement possible sous l'égide de la Présidence croate », a néanmoins annoncé la commissaire.
À la presse qui lui demandait pourquoi, elle a répondu qu'une réunion du Conseil de l'UE « permettra de disposer des informations utiles, de connaître le niveau de préparation des uns et des autres et d'identifier d'éventuelles lacunes pour permettre aux États membres d'agir de manière volontariste ». La date de cette réunion est encore inconnue, la Croatie ayant changé de ministre de la Santé, a-t-elle concédé.
Invoquant des incertitudes sur la virulence et le caractère pathogène du virus, pour lequel il n'existe « ni traitement ni vaccin », elle a estimé qu'en savoir davantage permettrait de mieux cibler la réponse coordonnée.
La Chine a fourni des données épidémiologiques. « Un partage d'informations avec la Chine est crucial », a estimé la commissaire.
La Commission est en contact régulier avec les États membres, l'ECDC et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur tous les aspects de l'épidémie de coronavirus.
S'agissant du rapatriement de Chine des citoyens européens volontaires et sains, les autorités françaises, qui ont activé le mécanisme de protection civile de l'UE mardi, sont en contact avec les autorités chinoises pour organiser les vols, a indiqué le commissaire à la Gestion des crises, Janez Lenarčič.
Près de 600 personnes ont indiqué vouloir quitter la Chine, « mais les chiffres par pays évoluent ». L'UE cofinancera 75% des coûts de transport.
Si la Chine en fait la demande auprès du mécanisme de protection civile de l'UE, elle pourra obtenir le déploiement d'équipes médicales d'urgence. (Aminata Niang)