L’eurodéputé britannique et désormais célèbre militant pro-Brexit, Nigel Farage, est apparu tout sourire, mercredi 29 janvier, lors d’une conférence de presse au Parlement européen, se félicitant de voir son mandat toucher à sa fin et prédisant le départ d'autres États membres dans les années à venir.
Cette conférence sur le thème du « Brexodus » – pour Brexit et 'exodus' (exode) – s’est tenue à quelques heures du vote du PE visant à ratifier l’accord de retrait conclu entre le Royaume-Uni et l’UE (EUROPE 12414/1).
M. Farage ne s’est pas étendu sur cette échéance, rappelant que l’essentiel, cette semaine, se jouerait vendredi 31 janvier, date officielle du départ des Britanniques.
Le Brexit a été, selon lui, une « victoire de la base » face à l'establishment britannique. « Je célébrerai donc le triomphe de la démocratie et de la volonté du peuple à 11 heures ce vendredi », s’est félicité le président du Brexit Party.
Alors que d’autres au PE veulent croire à la réintégration, un jour, des Britanniques dans l’UE (voir aussi EUROPE 12414/3), Nigel Farage, pour sa part, soutient qu'un point de non-retour a été atteint.
D'autres Brexit à venir. « Je pense que le Brexit donnera lieu, au cours des prochaines années, à un vif débat. D'autres pays se demanderont à leur tour : voulons-nous une Europe dirigée par la Commission européenne ou voulons-nous une Europe qui soit une coopération de nations souveraines ? », a-t-il prédit, espérant que le « courage » dont ont fait preuve les Britanniques en inspirera d’autres.
Selon M. Farage, il y a fort à parier que les prochains pays concernés soient le Danemark, l’Italie et la Pologne. « Le Danemark est vraiment similaire au Royaume-Uni », a-t-il avancé, détaillant plusieurs « exceptions danoises ». L’Italie, estime-t-il, ne supportera pas la prochaine crise de l’euro. Quant aux Polonais, ils seraient une majorité à déclarer que l’UE a une influence négative sur leur pays, selon un récent sondage d’opinion cité par l’eurosceptique.
« Je suis convaincu que le Brexit est le début d’une reconfiguration totale de l’organisation de l’Europe », a-t-il ajouté.
Real Brexit. Interrogé sur ce qu’il attendait des négociations à venir sur la relation future entre les deux parties, Nigel Farage a rappelé qu’il comptait sur la mise en œuvre du « véritable Brexit ».
Le 'real Brexit' revient, selon lui, à « ne plus être sous la contrainte de la Cour de Justice européenne, ni être alignés en termes de réglementation, mais à être indépendants pour nos politiques ».
M. Farage s'est engagé à suivre cela de près. Le Brexit Party continuera d'exister, assure-t-il. Et si l'actuel gouvernement « perd à nouveau le ballon, je ferai en sorte d'être là pour le récupérer », a-t-il déclaré.
L'eurodéputé a malgré tout concédé, sourire en coin, qu'il regretterait de ne plus « pouvoir jouer les méchants » au Parlement. (Agathe Cherki - stage)