L'aide au développement de l'UE est de plus en plus souvent consacrée à la fermeture des frontières, au tarissement des migrations et au retour des migrants en Afrique, selon un rapport d’Oxfam rendu public jeudi 30 janvier. Cette approche détourne l’aide de son objectif premier - aider ceux qui sont dans le besoin -, voire aggrave la situation de ces populations, dénonce Oxfam.
Le rapport montre comment les fonds de développement du Fonds fiduciaire de l'UE pour l'Afrique sont de plus en plus liés aux priorités de politique intérieure à court terme des États membres de l'UE pour freiner les migrations.
Plus d'un milliard € est alloué à cette fin, contre 56 millions € alloués au financement de programmes de migration régulière, ce qui représente moins de 1,5% de la dotation totale du Fonds.
« L'UE doit cesser de saper ses propres valeurs et s'assurer que tous ses engagements en Afrique favorisent la stabilité, la démocratie et la résilience, et non le contraire. L'aide au développement est destinée à lutter contre la pauvreté, les inégalités et la crise climatique croissantes. Elle ne doit pas être politisée et utilisée comme une caisse noire pour des gains politiques à court terme », commente, dans un communiqué, Raphaël Shihav, expert en migration chez Oxfam.
Le rapport est accessible en ligne : http://bit.ly/36JXKmJ (Aminata Niang)